- Médecine générale et prévention de la psychopathologie des personnes à haut potentiel -
Mélanie BIDAUT GARNIER - 30 janvier 2008
DCEM3 - 5è année de médecine – UFR médecine REIMS
Ce mémoire a pour objectif de répondre aux questions suivantes, à partir des données actuelles de la science :
Les personnes à haut potentiel intellectuel ont-elles une augmentation avérée du risque de développer des troubles médicaux ?
Le médecin généraliste a-t-il les moyens de prévenir ces troubles, s’ils existent ?
Comment un médecin généraliste peut agir concrètement, sans formation spécifique, et sans trop majorer le temps de ses consultations ?
Les études consultées, dont vous trouverez les références dans la bibliographie, sont pour la plupart indexées dans pubmed. Elles peuvent être majoritairement trouvées à la bibliothèque universitaire (pôle santé) de Reims en format papier ou en format électronique. Les autres me sont parvenues directement par leurs auteurs, contactés par e-mail.
Les principales sources non trouvées via pubmed sont :
- deux livres sur le haut potentiel, l’un écrit par J. Siaud-Facchin, psychologue spécialiste et renommée, qui a par ailleurs publié plusieurs articles indexés dans pubmed, l’autre écrit par A. Adda, autre psychologue considérée comme une référence sur le sujet
- des textes officiels (échelles européenne et nationale), des statistiques de l’URCAM
- une recherche effectuée par des enseignants de Toulouse (le GARSEP, cf. références), dont le compte rendu m’a été envoyé directement par son instigatrice
- des articles publiés et mis à disposition sur Internet via l’Association pour l’Epanouissement des personnes à Haut Potentiel Intellectuel
Je remercie tous les spécialistes contactés qui m’ont apporté leur éclairage sur le sujet et/ou m’ont communiqué directement leurs articles originaux par Internet :
- Dr V. Bertot, neuropsychologue pédiatrique (CHU Reims)
- Dr A. Bessou, gériatre et spécialiste des troubles de l’apprentissage (CHU Grenoble)
- Dr L. Braillon, médecin généraliste (Bernin dans l’Isère)
- Dr C. Peyrat, pédiatre (clinique pédiatrique, Toulouse)
- Dr O. Revol, pédopsychiatre (CHU Lyon)
- Pr. A. Ziv, professeur de psychologie clinique (université de Tel Aviv, Israël)
Je remercie aussi M. Rousseau-Castex, enseignante en lycée (Toulouse), et O. Gouverne, conseillère orientation psychologue (Troyes).
Enfin il est à noter qu’aucun des quelques médecins généralistes contactés dans l’Aube et dans la Marne n’avaient de notion sur les personnes à haut potentiel et encore moins sur la prévention d’une psychopathologie.
Ce que vous allez lire présente donc les résultats de cette recherche, analyse et réflexion.
Préalable (p.2)
- Haut potentiel intellectuel (p.4)
-Psychopathologie
liée au haut potentiel intellectuel (p.7)
- Structures
de prise en charge du haut potentiel intellectuel dans quelques pays (p.13)
- Prévention des troubles psychopathologiques liés au haut potentiel intellectuel (p.15)
- Médecine générale et prévention de la psychopathologie liée au haut potentiel intellectuel (p.27)
- Conseils généraux pour le médecin en interaction avec une personne à HP
- Médecin généraliste et environnement de la personne à HP
- Médecin généraliste et risque suicidaire des adolescents à HP
- Médecin généraliste et dépistage de la psychopathologie d’une personne
à HP
- le repérage d’une personne à HP par le médecin généraliste
- l’annonce du HP par le médecin généraliste
-Témoignage
d’un pédiatre (p.37)
- Histoires cliniques (p.38)
- Conclusion (p.49)
Il peut sembler étonnant de mêler médecine et haut potentiel intellectuel. Être intelligent n’est pas une maladie ! Pourtant, les médecins généralistes français reçoivent nombre de personnes à haut potentiel intellectuel, venant exprimer les manifestations bien médicales d’un mal-être d’origine inconnue, en fait lié à leurs particularités intellectuelles. Les médecins ne connaissent pas ce sujet ou le sous-estiment.
L’équation est simple : l’expression de la psychopathologie des personnes à haut potentiel est parfois massive. Une prévention est possible mais non appliquée. Par conséquent, les médecins restent les grands ignorants des nombreux et divers drames dont peuvent être victimes ces personnes, drames qu’ils auraient pu aider à éviter.
« L’intelligence est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à la considérer comme une maladie. »
in Comment je suis devenu stupide, Martin Page