Mythes et idées reçues sur la douance, le surdouement, etc.
Un surdoué est un enfant poussé par ses parents.
Non !
- S'il est vrai que pousser un enfant peut donner des résultats, il en va du potentiel intellectuel comme des capacités physiques : on peut les développer au maximum, mais certaines personnes ne pourront pas devenir jockey ou homme-caoutchouc ; malgré tout. Par contre, si les filles issues d'une famille de femmes à barbe ont des chances de devenir poilues, il faut des qualités supplémentaires à acquérir pour se produire sur scène. Et apprendre la comptabilité comme tout le monde pour devenir comptable.
- La plupart du temps, les parents aux prises avec un enfant "à haut potentiel" essaient plutôt de le suivre ! L'empressement de certains à "nourrir" leur oisillon peut être pris aussi pour du forçage, alors qu'il n'est est rien ! Ainsi, une mère de famille dont l'enfant sait lire en Maternelle (crime impardonnable) se verra dire qu'elle ne doit PAS le faire lire. On la soupçonne en fait de lui apprendre à lire "en douce" !!
- Un enfant à haut potentiel pourra être dépisté justement parce qu'il ne fait rien en classe, est nul, insolent, indiscipliné. Bref : le contraire du bon élève dressé par ses parents, en un mot : l'anti bête à concours. Parfois, aussi, il est victime de l'incompréhension de ses parents mêmes, qui le traitent de fainéant et d'inutile s'il se consacre entièrement à une passion étrange comme la gemmologie ou le comportement des mouches.
Les surdoués sont des gosses de riches.
Pas forcément !
- C'est confondre causes et conséquences. En Europe, et dans la plupart des pays occidentaux (donc "riches"), il y a plus de dépistage, on passe plus de tests de QI, etc. Mais, surtout, en France, faire passer un tel test à son rejeton coûte 200 euros au bas mot. Du coup, ce sont plutôt les personnes aisées qui font passer le test à leur progéniture. 1 bis) Certaines écoles spécialisées, certains cours privés qui leur sont réservés sont... hors de prix. On n'y trouve donc QUE des gosses de riches.
- Dans certains milieux, l'enfant doit forcément faire de grandes études, pour entrer dans une Grande Ecole. Les parents tentent souvent de savoir le plus tôt possible laquelle lui sera accessible ! De surcroît, beaucoup d'écoles privées, fières de leurs performances scolaires recrutent... uniquement les bons élèves (afin de garder leur réputation). Si Alphonsine est "moyenne" en classe, un test de QI peut aider à convaincre le directeur de l'école réputée. De même, entrer en avance au CP nécessite souvent un test de vérification. Là aussi, les parents qui ne sont pas arrêtés par la dépense y recourent plus facilement. Dans certains milieux, avoir le Bac à 17 ans est juste "normal" !
- Comme on confond souvent "surdoué" et "bon élève", et que les milieux aisés ont généralement une progéniture sans grandes difficultés scolaires, d'une part, et qu'un gamin à haut potentiel nécessite souvent plus de "moyens" qu'un autre... Il semble qu'il y ait un peu plus d'enfants à haut potentiel ET qui sont bons élèves dans les milieux aisés. CQFD.
- Quand on fait passer des tests à n'importe qui, on trouve la même proportion de personnes à haut QI dans toutes les couches de la société. Remarquons que c'est ce qui fait dire à certains que le QI est héréditaire et à d'autres qu'il ne l'est pas...
Créer des classes de surdoués favoriserait l'élitisme et la discrimination.
Non et non !
- Des classes adaptées dans l'enseignement public permettraient justement aux enfants issus de milieux modestes de bénéficier, eux aussi, d'un enseignement à leur mesure. Eux ne peuvent pas intégrer les onéreux cours spécialisés.
- Certains parents aisés, par volonté républicaine, laisseraient leur enfant dans le cycle public s'il y avait la même qualité d'enseignement pour leur enfant. (Beaucoup de parents considèrent comme nécessaire et pédagogique que leurs enfants se frottent à toutes les variétés de population.) Du coup, certains gosses de riches réintègreraient le public !
- Une partie des enfants dépistés comme à haut potentiel ne seraient plus obligés de partir du système, ou ne seraient plus exclus, et l'école jouerait donc mieux sa fonction d'intégration.
- Mettre les roux à l'abri du soleil l'été, faire manger aux enfants de cancéreux plus de légumes... Est-ce de la discrimination, ou de la simple prévention ?
On n'a pas besoin d'aider un enfant surdoué !
C'est jouer sur les mots. Pour certains, par définition, un surdoué est surdoué. Ainsi, si Boye est une surdouée en ski acrobatique, ça veut dire qu'elle y excelle. Dès lors, en quoi aurait-elle plus besoin d'aide qu'un autre pour y exceller ? Si on définit a posteriori un enfant précoce comme étant en avance dans sa scolarité, et un enfant surdoué comme étant très bon élève en sus... Bien entendu qu'on poussera des hauts cris s'il est question de "l'aider" ! (le spectre de l'élitisme, aux hideuses dents trieuses).
Le problème a deux faces :
T'es surdoué, donc t'es le meilleur. Tu te crois meilleur que nous.
- Boye, excellente en ski acrobatique, peut avoir de nombreux problèmes pour communiquer avec des personnes de sa classe d'âge, qui ne partagent ni son potentiel physique ni sa passion. Boye a besoin d'aide dans certains domaines. Elle est avide de contacts, et n'importe quel pervers peut obtenir d'elle n'importe quoi, si elle se sent écoutée et comprise en retour. Et s'il sait bien parler de sa passion, faire l'effort de se porter à son niveau...
- Boye est jalousée. Les autres skieurs la soupçonnent de dopage. Comme elle s'isole, on la croit snob et sournoise. Les pédagogues pensent que ses parents la poussent, et sont prêts à tout pour avoir une skieuse géniale dans la famille.
- Les enseignants ricanent : voyons, Boye ! Toi si bonne en ski acrobatique... Comment peux-tu être si nulle partout ailleurs ?
T'es nul, donc tu n'es pas surdoué, ou alors tu es fainéant.
- Micha mord ses camarades de classe, fait pipi au lit, pique des crises de rage incompréhensibles, déchire ses livres... Arthur pleure tout le temps dans son lit, se fait harceler par les petits de l'école et se fait gravement punir s'il riposte, a les doigts couverts d'encre et écrit comme un cochon. Mylène fait le coup de poing dans la cour, a un vocabulaire de charretier, les genoux en sang et les culottes toujours sales... Ils peuvent très bien avoir un QI supérieur à 130 s'ils passent des tests. En ce sens, certains les appelleront "surdoués".
- Miyuki a 4 ans, et Miyuki lit le journal à sa grand-mère aveugle. Quand il le faut, elle commente les images du journal télévisé et met à jour le calendrier et la pendule. En Maternelle, Miyuki serre si fort les poings que ses petits ongles entrent dans la paume de ses mains. Même en dormant. Miyuki dort tout le temps en classe. Mais c'est une gentille petite fille sage.
- Micha a des super notes en français et en histoire. En maths, ça va à peu près, sauf qu'il mélange tout le temps les chiffres. Mais, bah ! Du moment qu'il a la moyenne partout ! Bien entendu, ses parents lui flanquent une roustée s'il a de mauvaises notes : ce ne peut être que de la paresse de sa part. Il est si intelligent, Micha ! D'ailleurs, les enseignants aussi le taxent de fainéantise : on est "bon" ou on ne l'est pas !!
Boye, Micha, Arthur, Mylène, Miyuki ont besoin d'aide. Point.
Un(e) surdoué(e) n'est pas sportif/ve
Il semble, au contraire, que les sportifs de haut niveau suivent tous des études supérieures. Leur carrière s'achève très tôt, et ils doivent se reconvertir. En France, du moins, on ne peut pas dire que les Universités les sélectionnent sur leurs performances physiques !
- La pratique d'un sport permet, en général, une bonne oxygénation du cerveau. Atteindre un bon niveau de performance nécessite de plus une bonne hygiène de vie, ce qui n'est pas pour nuire au potentiel intellectuel.
- Des capacités d'anticipation, de visualisation, une certaine maîtrise de sa représentation du corps, l'évaluation des distances, des objets dans l'espace, du temps... sont nécessaires à un sportif de haut niveau, comme la compréhension de certaines stratégies, de la psychologie de l'adversaire et des notions de physiologie.
- Pour certains surefficients mentaux, isolés, en prise avec des difficultés relationnelles, la pratique valorisante d'un sport est un plus, qui leur permet de se socialiser et de se faire des amis. On pardonne beaucoup à celui qui fait gagner l'équipe...
- Un surefficient mental, s'il n'est pas suicidaire, et a été correctement scolarisé, peut comprendre tous les bienfaits d'une bonne hygiène de vie et de la pratique régulière d'un sport (en dehors de toute compétition). Il est à même de gérer un bon état physique et de calculer ce qui lui est nécessaire. En ce cas, il est même plus porté que d'autres à la pratique d'un sport !
Lauranne
Inspiré de la page http://www.geocities.com/qis2000ca/pages/accueil.html