Statuts
Association loi 1901
Préambule
Les déficients mentaux bénéficient, de la part du corps social dans son ensemble, même si c'est encore souvent dans des proportions largement insuffisantes au regard des besoins, d'un dépistage systématique précoce par les services de santé, d'une prise en compte de leurs particularités, d'une tentative d'adaptation des structures aux nécessités propres à leur état, d'une protection bienveillante et de la considération et du respect des citoyens "normaux", c'est-à-dire largement majoritaires.
On s'en rend compte, on s'en occupe, et on les aime.
Les surefficients mentaux souffrent, de la part du corps social dans son ensemble, de négligence, par l'absence de dépistage systématique précoce par les services de santé, de maltraitance psychique, par le refus de la prise en compte de leurs particularités, d'abandon, par inadaptation des structures aux nécessités propres à leur état, et souvent, du fait de leurs difficultés de communication et de leur bizarrerie dont ils n'ont pas conscience, d'une hostilité agressive et du rejet brutal des citoyens "normaux", c'est-à-dire largement majoritaires.
On ne s'en rend pas compte, on ne s'en occupe pas, et on ne les aime pas.
Il en résulte souvent des vies brisées par les échecs, scolaires, affectifs, professionnels, amicaux, sociaux, une absence d'estime de soi, une image de raté(e), de sous-doué(e), des états dépressifs chroniques, des dépressions interminables, voire des pathologies mentales graves, et de longues enquêtes angoissantes pour savoir de quelle pathologie, subodorée par l'entourage ou dénoncée par le regard des Autres, on peut bien être atteint, de psy en psy. Et des suicides.
L'expérience montre que la simple découverte de la surefficience mentale à l'âge adulte (exemple réel : à 43 ans), puis sa lente (exemple réel : 8 ans) et difficile digestion, par la nécessaire réorganisation mentale intégrale du sujet, suffisent souvent à rendre l'existence supportable. Même si les échecs professionnels et sociaux paraissent souvent irréversibles, la pathologie dépressive et ses dérivés peuvent être enfin contrôlés, voire dépassés. Car l'on sait enfin de quoi l'on souffre, et le monde devient compréhensible.
Or, les associations existantes axées sur cette question sont pour la plupart perçues dans le peuple comme des clubs fermés, élitistes, de soi-disant "surdoués", aligneurs de dominos méprisants et morgueux, soucieux de faire admettre leur prétendue supériorité intellectuelle sur la seule base de leur QI, par ailleurs parfois fantaisiste, car fruit d'un infantile entraînement. Les dérives de cette navrante prétention peuvent aller jusqu'à la tentative de constitution d'une neurocratie, les "HQI", l'eugénisme, voire, chez les malades les plus atteints, le racisme, jusqu'à une forme proche du nazisme, l'Homme Supérieur et tout ça.
Cette situation a 4 conséquences en opposition directe avec les buts proclamés de ces associations :
- Faire fuir les surefficients mentaux
sains, ne se sentant supérieurs à personne, et surtout pas du
fait de leurs échecs répétés, se sentant même
souvent inférieurs, sous-doués, et en tout cas dénués
de toute envie de rejoindre une élite fantasmatique et auto-proclamée.
En France, où l'on compterait 1.200.000 surefficients mentaux si l'on daignait les compter, la plus grosse association, après 35 années d'existence, rassemblait, en 2003, 700 membres... - Renforcer l'ostracisme et l'hostilité du corps social à l'égard des surefficients mentaux. Ce qui aggrave la situation et les souffrances de ceux qui n'ont pas été dépistés.
- Laisser mourir des gens, dans l'ignorance de leur mal. Parmi les 12.000 suicides par an en France, combien liés à une surefficience mentale non dépistée ?
- Maintenir la perte sèche pour le pays que représente ce gaspillage insensé, politiquement irresponsable, de matière grise répartie également dans tous les milieux, par toutes ces vies gâchées, ces talents massacrés, ces compétences étouffées.
Pour ces raisons :
Article 1
Le 12 septembre 2003 a été fondée entre les adhérents aux présents statuts, pour une durée illimitée, une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, dénommée "Groupement Associatif de Protection des Personnes Encombrées de Surefficience Mentale", GAPPESM. Son siège social est situé dans le Gard, au 20, grand rue, 30840 Meynes, et pourra être transféré en tout autre lieu par simple décision du Bureau Dirigeant (ci après désigné comme "le Bureau").
Article 2
Le GAPPESM a pour buts :
- OBTENIR des pouvoirs publics la pleine
reconnaissance de la réalité de la surefficience mentale, au
même titre qu'est reconnue celle de la déficience mentale, et
dans les mêmes proportions statistiques, en termes d'écart psychométrique
par rapport à la moyenne de la population.
La liste complète des objectifs institutionnels est détaillée dans le Règlement Intérieur mentionné à l'article 9 des présents statuts. - PROTÉGER les sujets en graves difficultés psychiques, voire en danger vital, en les orientant vers des professionnels conscients et respectueux de leurs spécificités.
- SOUTENIR les sujets en crise de mutation et leur entourage
- ASSISTER dans leurs démarches les sujets en difficultés. La liste complète des modalités de la protection des personnes est détaillée dans le Règlement Intérieur mentionné à l'article 9 des présents statuts.
- ACCUEILLIR, RÉPONDRE, ORIENTER, DIFFUSER
- RÉAGIR avec force aux publications externes élitistes, eugénistes et racistes, qui mettent en danger l'image des surefficients mentaux dans le tissu social. Et, d'une façon générale, à tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine.
- MOBILISER ses membres pour la réalisation ou le soutien de projets généreux initiés en son sein, ou par d'autres associations du mouvement social oeuvrant dans la même direction, dans un esprit d'amour, de justice et de paix.
- CHANGER le monde.
La liste complète des buts de l'association est détaillée dans le Règlement Intérieur mentionné à l'article 9 des présents statuts.
Article 3
Le GAPPESM n'est ouvert qu'aux humanistes, sans distinction, entre ceux-ci, d'orientations politiques, de croyances religieuses, de convictions philosophiques, de styles de vie ou de moeurs (autres que celles proscrites par la loi). Toutes les personnes physiques ou morales, désirant adhérer au GAPPESM ou collaborer avec lui, s'entendent sur les questions fondamentales, à savoir que tous les homo sapiens sapiens sont des humains, qu'ils vivent dans des huttes, des igloos, des palaces, des tentes, des HLM ou des encoignures de portes, que tous sont dignes d'un égal respect, et que l'espèce humaine est INDIVISIBLE en races depuis la disparition des Néandertaliens.
TOUS HUMAINS. TOUS ÉGAUX.
Article 4
Toute violation de l'article 3 constatée par le Bureau vaudrait démission pure et simple de l'association. Le Bureau ne se prononcerait, en fonction de la probabilité d'intentionnalité de cette violation et de la possibilité d'allégeance mensongère à l'article 3 lors de la demande d'adhésion, que sur l'opportunité du remboursement au membre démissionnaire d'une partie de sa cotisation.
Article 5
Hormis le principe fondateur exposé par l'article 3, l'association n'exprime ni ne privilégie aucune opinion, et n'exclut que l'expression de positions proscrites par les lois en vigueur. Sauf communiqué officiel du Bureau ou du Conseil d'Administration, toute opinion exprimée l'est à titre personnel, et ne saurait engager que son auteur. Le Bureau a toute latitude pour intervenir dans l'espace associatif, notamment en cas de risque de mise en jeu de la responsabilité pénale ou civile de l'association ou de ses membres dirigeants.
Article 6
Le tutoiement est de rigueur entre les membres, dans l'espace associatif, les membres honoraires et les membres bienfaiteurs pouvant cependant opter pour le vouvoiement, au moins à leur égard. Par principe, l'acceptation du tutoiement par une de ces personnes ne modifie pas, sauf disposition particulière ou individuelle de son fait, l'attitude publique à adopter envers elle hors de l'espace associatif, selon les conventions usuelles du lieu de l'échange. Convivialité n'est pas familiarité.
À la demande d'un membre âgé que le tutoiement perturberait par trop, une dérogation pourrait aussi être notifiée par le Bureau.
Sauf raison impérative de protection de personne, à l'appréciation du Bureau, ou cas de force majeure justifiable, le mensonge est proscrit entre les membres, espace associatif ou pas.
Article 7
Le GAPPESM pourra utiliser ou mettre en œuvre tous les moyens propres à poursuivre les buts définis à l'article 2, tels que (non limitativement) : sites télématiques, publications de presse, édition, opérations immobilières ou financières, établissements de santé, de retraite, de loisirs, d'enseignement, sans restriction. Il pourra engager toutes négociations ou opérations utiles, et établir tout contrat de travail, dans le strict respect des règles législatives, réglementaires ou fiscales définissant le caractère non lucratif d'une association, le rapport annuel d'activité détaillant particulièrement ce point.
L'article 3 ne s'applique qu'aux relations de collaboration (tendre vers un même but). Cependant, les prestataires de services techniques, partenaires commerciaux et éventuels employés ou stagiaires seront sélectionnés avec vigilance, dans l'esprit de l'article 3.
Article 8
Les ressources de l'association comprennent le montant des cotisations, les éventuelles subventions, et toutes autres recettes d'édition, de productions, de droits d'entrée à des manifestations organisées par l'association, et tout autre produit d'activité.
Toutes les dépenses de l'association devront être effectuées avec un ardent souci de décence au regard de la situation des exclus de la société, de dignité et de sobriété : pas de papier glacé, de communication tape-à-l'oeil ou racoleuse, d'invitations luxueuses, etc. On s'efforcera aussi de privilégier la préservation de l'environnement tant dans le choix des modes de transport (collectif, ou groupé par co-voiturage, avec augmentation de l'indemnité kilométrique de 25% par autre membre transporté, par exemple) et des supports (papier recyclé, par exemple), que des pratiques (utilisation comme brouillon du verso vierge des feuilles obsolètes, par exemple). Enfin, une attention particulière sera apportée à la moralité des modes de production des produits achetés (travail des enfants, par exemple), et aux pratiques de toute organisation avec laquelle l'association serait en relations.
Article 9
Un "Règlement Intérieur", destiné à fixer les divers points non prévus par les statuts, notamment ceux qui ont trait à l'administration interne de l'association, précise les pouvoirs, attributions, périodicité et modalités d'élection des différents organes, définit les différents collèges de membres, les modalités d'adhésion, de cotisation, d'éligibilité et de vote dans les différents collèges, ainsi que toutes dispositions organisationnelles de nature à faciliter la vie, le développement, l'efficacité, la probité et la réussite de l'association.
Il définit en outre les autres documents annexes, dont celui détaillant les critères généraux d'agrément et d'homologation, les procédures et modalités, ainsi qu'une Charte de comportement.
Article 10
L'association est dirigée par un Conseil d'Administration (ci après désigné comme "le Conseil") élu par le Congrès selon les modalités décrites dans le Règlement Intérieur. Le Conseil nomme en son sein le Bureau.
Article 11
Le Conseil établit les documents décrits à l'article 9, et les modifie en tant que de besoin. Les modifications entrent en vigueur dès leur adoption, mais devront être validées par le Congrès suivant. En cas de vote négatif du Congrès sur l'un des textes, la situation antérieure, concernant ce texte, serait restaurée de plein droit, sauf adoption par le Congrès d'un nouveau texte.
Article 12
Le Congrès ordinaire se tient tous les deux ans. Un Congrès extraordinaire peut-être convoqué à l'initiative de la Présidence de l'association, ou de la moitié de ses membres, pour modification des statuts, à la majorité qualifiée, ou pour se prononcer sur toute question cruciale. Une simple consultation, par tous moyens, peut être organisée à tout moment par le Bureau, à la demande de la Présidence ou du tiers des membres actifs.
Article 13
En cas de dissolution, prononcée à la majorité qualifiée des membres présents au Congrès, un ou plusieurs liquidateurs sont nommés par celui-ci, et l'actif, s'il y a lieu, est dévolu aux organisations mentionnées dans l'article du Règlement Intérieur consacré à ce sujet.
Article 14
Le Bureau fondateur est investi
de tous les pouvoirs du Conseil jusqu'à la constitution, par cooptation
par les fondateurs, d'un Conseil provisoire, en charge jusqu'au 1er Congrès,
au cours duquel un Conseil représentatif sera constitué dans
les formes régulières.
Suite : Règlement Intérieur