Les Personnes : Binet, Gauss, Galois
Alfred Binet (1857-1911)
Psychologue, physiologiste et pédagogue français.
Né à Nice en 1857, d’un père médecin et d’une mère artiste peintre, Alfred Binet entame des études juridiques à la faculté de droit de Paris. Très vite cependant, il manifeste un intérêt passionné pour la psychologie, et se réoriente vers la psychophysiologie et la clinique psychiatrique.
En 1892, le psychiatre Théodore Simon, vient le solliciter pour l’éducation d'enfants anormaux dont il a la charge. Ensemble, ils s’orientent vers l’élaboration d’un test d’intelligence (Le Binet-Simon).
En 1904, se met en place sur son initiative, une commission ministérielle, sur le diagnostic des états d’arriération mentale et l’éducation des enfants anormaux.
En 1905, il présente la toute première version d’une échelle métrique de l’intelligence.
La grande diversité des épreuves (trente items de difficulté croissante), ainsi qu’un échelonnement des réponses en fonctions de l’âge des enfants (énumération, description, interprétation) qui y sont soumis, permettent dans un premier temps à Binet, de délimiter une frontière entre arriération et normalité pour des enfants en bas âge. Ce qui lui permettra dans un second temps de faire évoluer son test en un test d’intelligence. Les années suivantes seront principalement consacrées à l’élaboration de son test, qu’il met au point, au niveau adulte, sur des conscrits que le Ministère de la Guerre lui avait demandé d’examiner.
(remarque : Le test de Binet classa Henri Poincaré, brillant mathématicien contemporain, parmi les imbéciles !)
Alfred Binet écrira aussi neuf pièces avec André de Lorde qui seront jouées au Grand Guignol et au théâtre Sarah Bernhardt.
Alfred Binet est aussi connu pour avoir remis au goût du jour la notion de fétichisme, découverte par le magistrat français Charles de Brosses (1709-1777), dans ses études des phénomènes religieux chez les peuples dits primitifs.
Alfred Binet meurt à 54 ans, le 28 octobre 1911, des suites d’une congestion cérébrale.
- Biographie sur le site de Psychanalyse-Paris.com
- Un article de René Zazzo: Alfred Binet, in Perspectives : revue trimestrielle d'éducation comparée (Paris, UNESCO: Bureau international d'éducation), 1993. 10 pages, 64 ko, PDF.
Carl Friedrich Gauss (1777-1855)
Mathématicien, astronome et physicien allemand, ayant apporté de très importantes contributions ; considéré comme le plus grand mathématicien de tous les temps, on lui doit la célèbre "Courbe de Gauss".
Gauss fut un enfant prodige, il apprit seul à lire et à compter à l'âge de trois ans et à l'école, il impressionna très tôt ses professeurs, et il y a d'ailleurs une célèbre anecdote ; un professeur essayait d'occuper ses élèves en leur faisant faire des additions, il leur proposa de calculer la somme de tous les nombres de 1 à 100. Peu de temps après, le jeune Gauss fournit la réponse correcte, ayant astucieusement additionné les nombres extrêmes par paires, remarquant que les sommes intermédiaires donnaient toujours le même résultat: 1+100=101, 2+99=101, 3+98=101, etc., et ce un nombre total de 50 fois soit 50 × 101 = 5050.
En 1795, il formula la méthode des moindres carrés et une conjecture sur la répartition des nombres premiers, prouvée par Jacques Hadamard en 1896.
En 1796, il caractérisa complètement tous les polygones réguliers constructibles à la règle et au compas uniquement.
Il fut le premier à démontrer rigoureusement le théorème fondamental de l'algèbre ; en fait, il produisit quatre preuves entièrement différentes de ce théorème tout au long de sa vie, et clarifia considérablement le concept de nombre complexe. Il apporta aussi d'importantes contributions en théorie des nombres avec son livre publié en 1801 Disquisitiones arithmeticae.
En 1809, il publia un travail d'une importance capitale sur le mouvement des corps célestes qui contenait un développement influant de la méthode des moindres carrés, procédure utilisée aujourd'hui dans toutes les sciences, pour minimiser l'impact d'une erreur de mesure. Il était en mesure de prouver l'exactitude de la méthode dans l'hypothèse d'erreurs normalement distribuées.
Plus tard, Gauss essaya de déterminer si le monde physique était en fait euclidien en mesurant des triangles géants.
En 1818, son Theorema egregrium permit d'établir une propriété importante de la notion de courbure.
En 1831, sa collaboration avec le professeur de physique Wilhelm Weber aboutit à des résultats sur le magnétisme, et fut à l'origine de la découverte des lois de Kirchhoff en électricité. Il fut également l'auteur de deux des quatre équations de Maxwell.
La loi de Gauss pour les champs électriques exprime qu'une charge électrique crée un champ électrique divergeant.
Sa loi pour les champs magnétique énonce qu'un champ magnétique divergeant vaut 0, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de dipôle magnétique. Les lignes de champ sont donc obligatoirement fermées.
Il décéda à Göttingen, Hanovre (aujourd'hui en Allemagne) en 1855 et fut enterré au cimetière de Albanifriedhof. De 1989 jusqu'à la fin de 2001, son portrait et une courbe de distribution normale figuraient sur le billet de banque de dix marks allemand.
Évariste Galois (1811-1832)
Considéré comme l'inventeur de l'algèbre moderne, il a développé, entre 17 et 20 ans la théorie de résolution possible ou non des équations d'un degré supérieur à 5.
Alors qu’il était interne au lycée Louis-le-Grand, il détermina une condition nécessaire et suffisante pour qu’un polynôme, dont les coefficients sont fixes, soit résoluble par radicaux. Galois est considéré comme un des inventeurs de la théorie des groupes, notion développée en particulier par Cauchy. Son travail sur la théorie des équations algébriques fut soumis à l’Académie des sciences mais ne fut pas compris. Il fut à nouveau présenté sous une forme condensée, mais sans plus de succès.
Il meurt des suites d'un duel au pistolet en 1832.
La portée de son oeuvre ne fut pas reconnue pendant sa courte vie. Son travail, qui posait les fondements de la théorie de Galois, branche majeure de l’algèbre générale resta incompris jusqu’en 1843. Liouville lut alors son manuscrit et déclara que Galois avait vraiment résolu le problème de décider qu'elles sont les équations résoluble par radicaux, complétant ainsi le théorème d'Abel sur l'impossibilité de résoudre l'équation du cinquième degré par radicaux.
Du fait de sa mort dramatique, de sa précocité intellectuelle et de l'incompréhension de son entourage, le personnage de Galois est devenu la figure représentative du génie méconnu et de la précocité.
- Biographie d'Évariste Galois sur Wikipedia.
- Ressources biographiques en différentes langues sur Évariste Galois : enfance, scolarité, duel...