GAPPESM
Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Surefficience Mentale

Peut-on devenir plus intelligent ?

Peut-on devenir plus intelligent ?

Il est très facile de ne pas devenir intelligent en s'assoupissant dans la passivité des réponses apprises, en renonçant à l'effort de formuler ses propres questions. Albert Jacquard

Est-ce que je peux devenir plus intelligent ?

  • Le QI peut varier, donc il peut augmenter
  • Le cerveau est plastique
  • Les « méthodes de rajeunissement cérébral » sont des impostures
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    Le Qi peut augmenter

    C'est très important de ne pas confondre résultats aux tests de Qi et intelligence. Partons du principe qu'on n'a pas exactement appris comment quantifier/qualifier cette dernière !

    On s'aperçoit qu'on peut, dans une relative mesure, augmenter son score aux tests de Qi, par l'entraînement (oui !). Le score d'un jeune enfant peut aussi augmenter significativement si on enrichit son environnement, si on associe ceci à une surveillance alimentaire, une hygiène de vie adaptée (sommeil, sport...), les effets seront d'autant plus visibles.
    Si la personne est désinhibée, détendue,... son score va aussi augmenter. Mais, dans ce cas, par définition, son Qi n'a pas augmenté, seulement son score. C'est à dire : c'est la « meilleure note » qui compte. On considère que les scores antérieurs ne reflétaient pas le Qi de la personne. L'augmentation du score, comme sa baisse, sont des révélateurs : dépression, accident... En effet, des tas de facteurs peuvent « fausser » un score. Une baisse importante, par exemple, révélera un traumatisme, alors qu'une forte augmentation signera le sortir d'une dépression, ou l'amélioration des capacités de communication d'un autiste...
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    intelligence humaine

    Le cerveau est plastique.

    Au collège, au lycée, puis à l'École Normale, on m'a enseigné que le cerveau avait un nombre fixe de neurones, et que celui-ci décroissait à partir de 16 ans. Heureusement, en 1989, nous étions déjà 2 dans la classe à contredire le prof, citant d'une même voix le cerveau du canari, dont les zones imputées au chant croissaient et décroissaient selon les saisons ! (ça venait d'être découvert) (1). A l'époque, devant les guérisons inexplicables, on concédait juste que certaines connections inemployées s'étaient réactivées par nécessité. La légende des 90 % de notre cerveau inexploités connaissait ses heures de gloire, stimulée par moult gourous New Âge ! (2)
    Aujourd'hui, on considère au contraire, la plasticité comme une propriété fondamentale du système nerveux : remodelage permanent des connexions entre les neurones, possibilité de créer de nouvelles associations, d'acquérir de nouveaux apprentissages, de fixer des souvenirs. « […] le cerveau humain continue de se sculpter tout au long de l'enfance en même temps que l'intelligence se perfectionne. Le cortex des enfants les plus intelligents est particulièrement plastique », observe Olivier Houdé, professeur de psychologie à l'université Paris-V.

    Les sciences avancent à une telle vitesse que ce qui était politiquement convenable il y a 50 ans, aberrant il y a 20 ans, et incompréhensible il y a 10 ans, devient juste un sujet à réflexion et d'études. Comme on sait maintenant que le cerveau est « plastique », que, non seulement les neurones se remanient mais, en plus, qu'ils peuvent se renouveler (oui, oui !), il paraît illogique d'avancer que l'intelligence d'un individu est immuable !! Le cerveau de l'enfant est certes, très plastique, mais celui de l'adulte l'est aussi. Si un chauffeur de taxi londonien a des neurones qui lui sont poussés dans le crâne, transformant un espace de sa cervelle en rival de nos GPS et ce en quelques années de travail, pourquoi les cours de tricot de Myrtille n'auraient-ils pas le même effet sur sa matière grise ?

    L’hippocampe des chauffeurs de taxi de Londres

    Eleanor Maguire de l’University College de Londres s’est intéressée aux chauffeurs de taxi de la capitale britannique (3) ou plus précisément à la face postérieure de leur hippocampe. Cette partie est incroyablement surdéveloppée et semble aller de paire avec la capacité des chauffeurs de taxis de relier les lieux entre eux grâce à une cartographie mentale. Plus ils ont de l’expérience et plus la face postérieure de leur hippocampe est développée.
    La plasticité du cerveau se révèle plus extraordinaire qu’on ne le croyait, (4) ce qui montre encore plus l’importance de la pratique et de l’entraînement. De plus, nous commençons à comprendre la faculté de construire des cartes mentales à deux dimensions. Cette capacité est très différente de celle qui nous permet d’enchaîner des concepts les uns après les autres et qui fonde notre intelligence habituelle. De nombreux domaines sont mal adaptés à une intelligence séquentielle (à une dimension) et nécessitent une intelligence à deux dimensions (capacité de construire des cartographies mentales) ou même multidimensionnelle (comme nous aide à le faire le numérique) : s’orienter dans un labyrinthe, suivre simultanément deux aspects qui interagissent entre eux (convergence d’intérêts, empathie, carré sémiotique…)
    Notons que ces études sur les chauffeurs de taxi ne semblent pas vraiment parler d'intelligence, ou de QI... juste d'une augmentation de la quantité de neurones dans un endroit donné de leur cerveau, augmentation dont il est acquis qu'elle a été entraînée par les contraintes spécifiques.

    Cependant, comme il semblerait que les personnes surefficientes mentales aient cette capacité de suivre mentalement plusieurs aspects qui interagissent entre eux...

    intelligence humaine

    Des études ont montré que les « méthodes de rajeunissement cérébral » sont des impostures

    Ce qui est paradoxal, c'est que les méthodes de rajeunissement cérébral, ou entraînement neuronal ou chaipakoi, elles, sont une imposture ! C'est ce que clament Sonia lorant-Royer et Alain Lieury dans le numéro 31 de « Cerveau et psycho » (5) . Rien d'extraordinaire à comprendre, si on regarde le plan marketing invoquant un « âge cérébral » (habile confusion volontaire avec l'âge mental de notre cher Binet) qui n'existe pas ailleurs que dans la cervelle de M. Kawashima. Cependant, l'article parle de jeux « conventionnels » sans préciser, lesdits jeux, n'entraînant pas d'activation importante du cortex préfrontal, étant alors délaissés par ce célèbre professeur au profit d'activités (???) supposées « entraîner une plus forte activation de la zone préfrontale ». Les critiques reposent donc essentiellement sur le caractère peu scientifique de l'étalonnage et... les dysfonctionnements de la machine (une console de jeux)... Cependant, d'après une étude à l'IUFM d'Alsace, les élèves qui ne font « rien » présentent une meilleure progression (phénomène de familiarisation : on peut consulter la page « tricher avec les tests ! ») aussi parce qu'ils ont continué à suivre leur vie habituelle d'élèves d'IUFM (ouf : activités scolaires et périscolaires contribuent au développement du cerveau !! aaahhh !).
    Le paradoxe est donc là : suivre les méthodes actuelles de « Cérébrale Académie » ou prof Kawashima, ne sert à rien du tout. La méthode « labyrinthe et devinettes », Cluedo ou Scrabble  est bien plus efficace, à mon avis à moi (l'article ne parle que des exercices sur papier), et aller à la Fac aussi !

    Lauranne

    intelligence humaine

    Notes

    1. Le renouvellement des cellules dans le cerveau des oiseaux, par Fernando Nottebohm. Pour la science n°138, avr.1989 Retour
    2. Nous n'utilisons que 10 % de notre cerveau (idée reçue) La Recherche n°412 - oct.2007 Retour

    3. Eleanor A. Maguire, David G. Gadian, Ingrid S. Johnsrude, Catriona D. Good, John Ashburner, Richard S. J. Frackowiak and Christopher D. Frith , « Navigation-related Structural Change in the Hippocampi of taxi drivers », Proceeding of the National Academy of Sciences, Vol 97, Issu 8, 4498-4403, 11 avril 2000 Retour
    4. Les fonctions cognitives réceptives et celles de mémorisation, Jean-Michel Cornu, sur http://prospectic.fing.org/, sep. 2008 Retour
    5. L'entraînement cérébral : une imposture intellectuelle, Sonia lorant-Royer et Alain Lieury, Cerveau&Psycho n° 31, fév. 2009. Retour

     

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