GAPPESM
Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Surefficience Mentale

La dépression

Dans le forum Mensa, dans le fil (sujet) "Merci Zanel pour le Texte de Lygeros", en réponse à Intervenante_4 qui semblait entamer une dépression, description, le 28/07/2003 00:27 quelques conclusions tirées de mon expérience personnelle de la maladie :

Intervenante_6 :

Je me suis récemment auto-proclamé guéri, après 30 mois de convalescence, de 14 ans de dépression, dont 4 ans d'enfer, dont 9 mois à l'extrème bord de l'Acte, dont 6 fois à un 1/10 de cheveu. Les 4 membres de mon ancienne famille ont connu, dans ces 14 ans, la dépression (mon fils a failli en mourir aussi), en écho à la mienne, tellurique.

D'où les quelques généralités qui suivent sur la maladie dépressive, classée comme maladie mentale par les psys, et niée par les autres, puisque ce n'est pas visiblement physiologique; suffit pas d'être malade, en plus, on est coupable !

MÉDOCS

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS : Prozac, Zoloft -5 ans pour moi, pour rien !-, ...), souvent distribués comme des dragées à un baptème, quel que soit le cas, peuvent avoir des effets aggravants et spectaculaires (Prozac : au delà de 7 semaines), et ne sont adaptés qu'à certaines phases de la maladie (abattement, asthénie, vide, non sens généralisé, etc.). Faire siroter sa sérotonine à quelqu'un au bord de l'explosion, en colère généralisée et en violence, c'est d'une logique douteuse. Mais ça sécurise les toubibs (et l'entourage), quand ils n'ont pas de réponse à une situation qu'ils ne comprennent pas, surtout si c'est la surefficience mentale non dépistée qui en est l'origine. Ils aiment pas ça, car n'y comprenant rien, et refusent souvent de s'y pencher, ce qui peut les rendre dangereux.

Les thymorégulateurs (régulateurs de l'humeur, par ex dépamide, 1 an dans mon cas, je crois, pour rien !), ça rassure bien l'entourage aussi (ce qui ne veut pas dire qu'on ne doive pas le prendre, je ne suis pas psychiatre). Et puis ça désigne bien le coupable : c'est pas la famille (ou le couple) qui est malade, c'est... le "malade".

La PMD (psychose maniaco-dépressive, ancien nom du trouble bipolaire de l'humeur, puisque ce n'est PAS une psychose, mais tout le monde, comme par hasard, dit toujours PMD, quand TBH irait tout aussi bien) ne peut être diagnostiquée comme telle qu'après DEUX "phases maniaques". La prescription de thymorégulateurs avant le diagnostic est donc une pratique étrange (mais je ne suis pas psychiatre), parfois destinée à corriger le tâtonnement pharmacologique, en compensant les effets secondaires des ISRS.

PSYS

Les généralistes, NIET. Aucune compétence en psychiatrie (sauf si recherches persos sur la dépression). Essayer un traitement, puis un autre si pas de résultats, ça va pour l'arthrose ou le rhume des foins. Avec la dépression, si on perd le cobaye en route, ça fait mauvais genre. Si en plus, un grincheux de l'entourage attaque pour fatale modification du traitement d'un spécialiste, Conseil de l'Ordre. Celui qui accepterait ce jeu serait donc un dangereux irresponsable, à fuir. Mon généraliste préféré disait : "avec la chimie du cerveau, on joue aux apprentis sorciers". Autant que ce soit par un apprenti qualifié, voire compétent. Mais cette chimie ne devrait être conçue, en tout état de cause, que comme une aide, un accompagnement à la thérapie.

Les "psychothérapeutes" new look ou New Age, genre "développement personnel", PNL, AT, et autres fantaisies exotiques (sans oublier les "naturopathes" et les francs délires, Yiking, runes, ...), instits recyclés ou commerciaux sans scrupules s'attribuant mutuellement des "masters" ronflants et des franchises lucratives, peuvent aider dans certains états dépressifs légers (s'ils ne mènent pas directement à une secte), mais CERTAINEMENT pas dans une dépression déclarée. À proscrire, danger de mort.

Les psychiatres-psychanalystes me semblent présenter, sur le papier, les meilleures garanties de compétence potentielle. En principe, car, bien sûr, mieux vaut un bon psychanalyste qu'un mauvais psychiatre-psychanalyste. Et même un bon curé qu'un mauvais psychanalyste. Et un bon psychiatre qu'un mauvais curé, etc... Un test facile : si on est plus mal en sortant du cabinet qu'en y entrant, c'est ptet pas la peine d'y revenir.

Mon 5ème psychiatre, à 800 bornes de chez moi, a pu me libérer car il connaissait la psychiatrie (professeur) ET la surefficience mentale; il a donc pu faire le tri entre les caractéristiques liées à ce profil de martien (découvert sur le tard, à 43 ans, et mal géré et digéré) et d'éventuels symptômes de vraie pathologie. Cette sensibilité à notre différence (si tant est que tu sois concernée, Intervenante_6) me paraît ESSENTIELLE pour une réponse appropriée et une aide efficace. Mais elle est bien rare...

FORUM PSY

Je suppose que beaucoup de surefficients (dont 2 potes à moi) sont morts parce que leurs psys n'étaient pas allés plus loin que les idées reçues habituelles sur les soi-disant "surdoués", si exaspérants de prétention morgueuse (cf "Bande de discutateurs prétentieux", où ce sont les réponses qui sont toxiques pour notre image). Et ceux qui, parmi nous, entretiennent ingénument (ou non...) ce fantasme de supériorité de caste (les "HQI") à l'origine du refus et du rejet brutal, sont objectivement responsables de la non information des psys, du non dépistage, et, au final, de nombre de suicides à venir (sans parler des nazillons, QI génétique, eugénisme et tutti fruti; des sales cons). Mensa-France pourrait jouer un rôle central pour faire évoluer cette question, sauver des centaines de vies (sur les 12.000 suicides par an !), et épargner des années d'errances douloureuses, si seulement nous le voulions, si nous cessions de considérer comme naturel et statutaire de n'être QUE un club de rencontre et un cercle de jeu de joyeux lurons, de ne "servir" à rien.

Je me suis installé dans ce fil de Lansfeust pour répondre à Marre Des Sondages sans importuner ceux des intervenants dans ses 2 fils que ma présence agresserait, et ne pas écraser un de ces fils d'un post trop long. Aussi, j'espère qu'on m'épargnera les provocations débiles et les remarques du genre "ah, ça y est, tu enfourches ton dada !".
Ce n'est pas mon dada, c'est ma dette envers Mensa France que je paye, comme me l'a justement réclamé Sylvaine, ce dont je la remercie. Sans la simple existence de Mensa France, aussi imparfaite soit-elle, je serais mort, et sans savoir pourquoi (oui, je sais, je l'ai déjà dit. Mais tout le monde ne suit pas tous les fils, et en particulier pas toutes mes interventions. Et il y a les nouveaux). Je voudrais que d'autres, et en masse, bénéficient de la même chance.

Mais pour cela, il faut se structurer. Je soutiens sans réserve l'idée d'un forum spécialisé, ou d'une section "psy", où les "tristus" pourraient exprimer leur mal de vivre et recevoir soutien et conseils de rescapés et de psys associés (j'en ai déjà 2 possibles), qui déchargerait le forum général du poids de nos misères si peu photogéniques, et nous éviterait les agressions insultantes (cf. certaine proposition de palmarès des traumatismes) des "rigolus" à qui nous filons le bourdon. Tout le monde y trouverait son compte, et le climat serait meilleur.

Par contre, je suis radicalement et farouchement opposé à l'idée de le fusionner avec le forum enfants, qu'il phagocyterait. Si des parents en quête de réponses voyaient ce déballage douloureux, au lieu d'entendre "voilà ce qui peut arriver quand on est dépisté trop tard", ils risqueraient de faire tout leur possible pour étouffer la différence de leur enfant, afin qu'il ne tourne pas mal. Quant à l'effet sur les jeunes, n'en parlons pas, vachement motivant... et dangereux, à un âge fragile (j'ai failli sauter à 14 ans) .

Bien sûr, j'ignore tout des contraintes techniques, et ne suis donc pas qualifié pour préconiser un forum autonome ou une section, si techniquement possible. Mais pas dans le forum enfants.

COUPLE

Je crois que la question à se poser est : "est-ce que ça peut encore changer ?". Si c'est non, alors pas d'hésitation, comme l'ont fort bien dit Sissi et Samael, faut se sauver, au double sens du terme, et sans traîner, même. Plus on patauge dans une situation inextricable, plus on plonge vers l'abîme, plus ce sera dur de résister à l'appel du Néant et de remonter la pente. Perso, après 10 ans de trop (les enfants) avec une femme qui ne m'aimait plus mais ne le savait pas, la nuit où j'ai dressé ce constat d'échec, seul, fut la dernière de 23 ans "d'union". Une de plus aurait pu être fatale, car j'étais allé très largement au-delà de mes forces, et la corde était de plus en plus raide à chaque contact. Mais ce déchirement brutal du "pacte" conjugal est d'une violence effroyable, où on a, de plus, le mauvais rôle. Faut pouvoir, hein. Mais on DOIT sauver sa peau. Pour les autres, en plus...

Si la réponse est "peut-être", faut voir. Pas de recette toute faite.

Si la réponse est oui, et qu'on tient à l'Autre, faut se battre. Car la traversée de la terrible épreuve de la dépression est sans doute moins pénible avec un(e) allié(e), du moins, je l'imagine. Et au bout du chemin de ronces, ça doit être une union d'une qualité rare, d'avoir vaincu à deux.

Si l'Autre n'est pas surefficient et ne comprend pas cette particularité, le forum de Mensa-France peut puissamment l'éclairer, lui faire comprendre que l'être étrange(r?) qui vit à son côté n'est pas seul à être si bizarre, et donc, pas responsable (!) de son mal de vivre, voire pas fou. Perso, ma vie a changé depuis que ma nouvelle compagne, après un temps de rejet ("mais pour qui qu'ils se prennent, ceux-là ?"), et grâce à l'attitude de Grouik et de Vesper (reconnaissance éternelle), qui ne hurlaient pas avec les loups qui voulaient me faire passer pour fou, a lu sous d'autres plumes ce que j'essayais en vain, désespérément, de lui expliquer depuis 3 ans. Car c'est inexplicable. Et ce n'est que l'accumulation des témoignages qui emporte les résistances, comme une digue qui cède d'un coup.

Mais je ne vais pas crier sur les toits que j'ai, enfin, l'espoir d'une vie normale, sinon Sylvaine serait capable de me comptabiliser une nouvelle dette, et vous vous taperiez du Zanel encore 30 ou 40 ans, l'horreur ! mdr

FAMILLE ET ENTOURAGE

C'est pas eux qui souffrent, c'est pas eux qui se feraient sauter le caisson, mais c'est eux qui suivraient le corbillard. On a le devoir de les protéger de ça. Et, paradoxe, ils ne peuvent pas le comprendre (sauf à connaître la dépression).

Alors, on fait comme on peut, brutalement si nécessaire (et c'est souvent le cas), ou en prenant des gants si on peut ("tu sais, je suis très malade, j'ai besoin de m'isoler pour faire le point, tu n'es absolument pas en cause, au contraire, tu me fais du bien, mais je n'en peux plus de tout, tout me déchire, même le bien que l'on me fait").
Mais "l'isolement thérapeutique" est, dans les cas lourds (processus vital menacé), indispensable.
Comme le montre Vesper, la retraite en institution peut être très bénéfique. C'est alors l'équipe soignante qui se charge d'éloigner les éléments pathogènes, les parents toxiques, voire tout le monde.

Souffler, sans reproches, sans culpabilisation par la meute bienveillante mais calamiteuse, sans avoir à se justifier encore et toujours, à se défendre des cons ("allez, secoue-toi, bon sang !", "y a des souffrances plus graves que la tienne sur terre", "bof, c'est un coup de déprime", "arrête de te regarder le nombril !", ...; et y en a qui cumulent !) et des bonnes âmes, plus ou moins catégoriques ("arrête de prendre ces saloperies, c'est ça qui te rend malade", "tu devrais changer de psy, ton traitement est trop léger", "pfff, ton psy n'y connaît rien, j'ai regardé le DSM IV, et...", "t'as essayé les fleurs de Bach ?", "je connais un très bon ostéopathe", "seul Jésus te sauvera", "fais du sport", "attention à l'hospitalité", "le divan, y a que ça de vrai !", "va danser", etc, etc., etc., etc., etc., etc., etc.). La Cacophonie lancinante. Chacun assène ses certitudes simplettes, et y en a pas 2 pareils. Comme si on n'avait pas déjà assez de bordel dans la tronche, tel apporte sa pierre, telle la corde, tels le canal. Dur, dur, d'être un flippé !

J'invite les autres rescapés à enrichir ces 2 listes de toutes les conneries, méchantes ou charitables, que l'on peut entendre quand on glisse, puis que l'on tombe, puis que l'on gît.

Puis, si on arrive à échapper à l'Acte, quand on gigote, que l'on ouvre un oeil, qu'on lève la tête, qu'elle retombe, que l'on se redresse, que l'on retombe, que l'on se dresse, que l'on retombe, que l'on se relève, que l'on retombe, que l'on se relève et que l'on marche, que l'on retombe, que l'on se relève et que l'on marche, en attendant la rechute, et que ça tarde, et qu'on se dit que peut-être... Et que l'on s'observe avec suspicion, vraiment sans y croire, puis sans vraiment y croire, puis sans y croire vraiment, puis en y croyant enfin, tout en émettant prudemment, échaudé par toutes ces rechutes, toutes les réserves d'usage.

Bien entendu, ceci est un témoignage perso, toutes les dépressions ne sont pas si lourdes, si longues, si profondes, heureusement ! On peut s'arrêter au stade de la glissade ou de la chute (après, euh, vaut mieux pas s'arrêter), et le forum "psy" pourrait faire merveille à cet égard.

(aparté perso, on peut sauter sans inconvénient)

[Si quelqu'un(e) était intéressé(e) d'avoir mon témoignage complet, sur le vif (!) sur plusieurs années, "La mort au tripes", Ducon, 192 pages, je crois, ou 162 (j'en ai pas d'exemplaire, de toute façon, je peux pas le relire. Déjà, tout ce que je viens d'écrire de mon passé, "le souvenir de l'abîme" (Valis), ça m'a déchiré grave, longtemps que j'avais pas pleuré comme ça, alors, me replonger dans mon ancien présent, bonjour), faudrait me le dire. Faudrait alors que j'exhume les sources *.doc. et que je vérifie la mise à jour du fichier pdf de 500 ko maladroitement bricolé, et ptet que quelqu'un le mette sur un site.
Le but premier de ce bouquin était de ne pas avoir à répéter à chaque psy ou à chaque ami(e) potentiel(le), chaque main tendue, encore et toujours, imparfaitement, en 10mn quand il faudrait 3 h, la même incroyable histoire à justifier face aux résistances mentales contre la surefficience, contre la dépression, contre la réalité virile, ça fait beaucoup, surtout quand on n'a pas la force.
Et le but profond était, si jamais j'arrivais au mot "fin", de témoigner que l'on pouvait revenir de l'enfer, et d'aider d'autres désespérants à tenir la rampe. Ce que j'essaye de faire ici. Ma dette.

Et je ne savais pas, à l'époque, que l'on pouvait même en revenir plus fort que jamais : la résilience. C'est proprement incroyable. Putain, c'est bon, la vie ! Et à cette seconde même, je suis profondément stupéfait d'avoir écrit "Putain, c'est bon, la vie !". Moi ! Y a 20 mn, dans mon torrent de larmes, je l'aurais pas cru ! Putain, c'est bon, la vie ! Putain, c'est bon, la vie ! Putain, c'est bon, la vie ! Incroyable ... Faudrait ptet que j'aille voir mon psy d'urgence, y a quelque chose qui tourne pas rond... Une phase maniaque qui s'amorce, ptet ? C'est louche, ça, d'aimer la vie, non ? mdr

"Cher forumeuses/rs, vous venez d'assister, en léger différé, à une étape aussi importante qu'inattendue de la thérapie de Ducon, véritable coup de théâtre dans cette cavalcade échevelée. Ici, Zanel, du stade Mensa-France, à vous, Cognac-Geay".

J'étais, certes, heureux et fier d'avoir réussi, héroïquement, à épargner ma fille (d'autres ont échoué, mais, à celle qui sait de qui je parle : c'était hallucinamment surhumain, et moi, j'avais eu Mensa et ses tests; je t'embrasse), certes content d'avoir posé un lapin à la mort lubrique qui m'aguichait depuis l'enfance, mais d'ici à aimer la vie, faut ptet pas déconner, quand même ! Ben, si.
Putain, c'est bon, la vie ! Incroyable ... ]

Ces listes de conneries entendues, à l'instar des témoignages sur les symptômes de la surefficience mentale et sur le rejet social résultant, pourraient permettre à des dépressifs, chroniques ou en dépression larvée, ou à des malades en dépression déclarée, de se défendre de certaines tentatives d'effraction psychique (voire de viol psychique, comme dans mon cas) en les reconnaissant dans le vécu des autres.

Voilà. J'espère avoir fait avancer le schmilblick (pardon, modos, de la longueur, mais c'est pour la bonne cause, non ?)

J'ai pas répondu directement, point par point, à tes questionnements, Marre Des Sondages, MDS, (Intervenante_6 ?). Mais tu feras ton marché, et d'autres aussi peut-être. Et ce serait bien le diable si, dans la masse, il n'y avait pas, ne serait-ce qu'un seul élément qui puisse t'aider un peu, ne serait-ce qu'à dire "merde !" à qui de droit. Si la douzaine d'heures que je viens de passer à cette contribution était stérile, sauf pour moi. Car ce que je viens de sortir, cette découverte d'un amour de la vie tout neuf dont je suis encore tout étourdi, je te la dois. Merci.

Intervenante_4 a raison, la colère est bon signe. Tant que la violence ne se tourne pas contre soi-même. Tiens bon la rampe. Je t'embrasse.

Zanel (ex m's, 51 ans, masculin, humaniste de gauche, jésuiste athée), qui va quand même appeler son psy... car c'est achtément chelou !

Intervenant_5 ayant objecté, le 28/07/2003 14:14 : "Le problème c'est que quand le cas d'une personne HQI relève de la psychiatrie, rien ne dit que cela est, justement, dû à son QI. Il y a sûrement des cas où le problème psychiatrique est "malgré le" ou "indépendamment du" HQI. C'est quand même faire un raccourci rapide de lier systématiquement les deux... Non ? ", j'ai dû préciser, le 29/07/2003 19:15 :

Intervenant_5 : je suis incontestablement trop long, mais, au moins, pointilleusement précis : "il connaissait la psychiatrie [...] ET la surefficience mentale; il a donc pu faire le tri entre les caractéristiques liées à ce profil de martien [...] et d'éventuels symptômes de vraie pathologie.
Éventuels = c'est pas exclu. Vraie = c'est pas établi.

Car pour établir qu'un cas "relève de la psychiatrie", puis établir un diagnostic de trouble psychiatrique (pas psychique, c'est autre chose), il faut un vrai psychiatre, (1) en pleine possession de ses moyens scientifiques, (2) doté de tous les outils conceptuels adaptés au sujet qu'il doit examiner.

L(2) Le psy sans enfant qui exerce chez les taulards depuis 25 ans, même s'il est gentil, je lui amènerai pas un bébé qui fait des cauchemars. J'irai plutôt voir un pédopsychiatre (ouais, je sais, y en a des très cons; mais je balancerai pas ici).

L (1) Le psy routinier qui ne peut pas envisager que le DSM IV ne soit pas une somme exhaustive infaillible, et qui doit coller, en 2mn 35 chrono [puisque c'est un bon psy, non ? Même qu'il avait eu des bonnes notes en anatomie et en électrothérapie, alors, hein ! Y en a ptet qui pensent qu'ils sont ptet de mauvais psys ? Ah oui ? Et qui donc ? Pardon ? Les bons ? Ben, merde, c'est quoi, ce binz ?], coller donc, sur le sujet bizarre (et donc évidemment atteint puisque bizarre ! Et puis d'abord, s'il vient voir le psy, c'est qu'il a un problème, non ? Pfff, tout le monde sait ça ! Ha !), qu'il "examine", une de ces étiquettes réimprimées qu'il a reçues avec son certificat de spécialité, et qu'énervent prodigieusement les connards prétentieux qui se croient plus intelligents que lui, surtout s'ils feignent de ne pas le croire (à d'autres !), ben, c'est un con dangereux, si peu bête soit-il.

Vaut mieux aller voir le charcutier du coin, si le sujet bizarre l'émeut, ptet qu'il lui filera des saucisses. Mais gaffe, y a des cons aussi, chez les charcutiers (vlà que je fais du Grouik, à c't'heure, arf arf arf. Et à propos des saucisses ? Bon, allez, ça va, maintenant, hein, Mur serait pas content...)

"C'est quand même faire un raccourci rapide de lier systématiquement les deux..." Content que tu approuves ce que j'avais écrit, et que tu comprennes ma course de cabinet en cabinet (Pardon ? Mais non, rien à voir avec les saucisses ! Pfff...)

"je ne vois pas pourquoi un HQI ne serait compris que par des HQI"
Moi non plus. Encore faut-il que le non "Haut Quotient Intellectuel" sache que le "Haut Quotient Intellectuel" existe, et fonctionne différemment, qu'il en ait vu suffisamment de cas pour se faire une idée correcte du problème, et pouvoir distinguer, justement, "problème psychique" (problème d'identité, d'estime de soi, bref, de basquets) lié à ce profil très particulier, socialement et familialement problématique, et "problème psychiatrique", une pathologie répertoriée, dont même un sujet atteint de surefficience mentale peut souffrir (oui, on peut être riche et avoir mal au pied)

Je ne sais pas si le psy qui m'a libéré est atteint ou non de surefficience (il a d'ailleurs l'air de s'en foutre aussi, des quotients, pourtant il est plus matheux que moi). Mais je sais qu'il est intelligent. C'est la seule chose qui compte (avec sa compétence psy, bien sûr).

Quoi, le bébé surefficient incarcéré (avec sa mère) qui fait des cauchemars ? Nan, là, tu pousses.

Zanel