De nombreux enfants précoces se retrouvent en situation d'échec scolaire, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Un article, paru dans Marie-France, a constitué le point de départ de cette étude.

Je vais évoquer l'histoire de ces enfants, dont l'entrée dans la vie scolaire avait été brillante et prometteuse, et tenter d'identifier les processus responsables de cette dégradation.

Nous verrons aussi les conséquences, chez certains adultes, de cette scolarité gâchée.

Quelques chiffres, tirés d'un sondage effectué auprès des MENSA, viendront compléter cet exposé ; ils seront parfois comparés aux chiffres concernant la population générale, fournis par la Direction de l'Évaluation et de la Prospective de l'Éducation Nationale.

L'histoire ordinaire

J'ai donc vu un grand nombre d'adolescents en échec scolaire après qu'ils ont suivi une Primaire sans difficulté, à la suite d'un article sur les enfants « surdoués » paru dans ce magazine féminin de large diffusion, « à la demande de nos lectrices » avait précisé la journaliste.

Cet article décrivait sommairement l'enfant doué, présenté comme un petit génie, et évoquait surtout les difficultés d'intégration des enfants précoces, mais il parlait aussi de leur particulière rapidité à comprendre et à intégrer le savoir.

Suivaient l'histoire et l'interview de deux jeunes gens qui s'étaient mortellement ennuyés durant toute leur scolarité, avaient ignoré la notion d'effort à cause de leur extrême facilité, et n'avaient pu être enfin heureux que dans leur vie professionnelle.

Le fait que ce soit la lecture de cet article qui ait déterminé la consultation est à prendre en compte. Cette lecture a aidé les parents à prendre conscience de la spécificité de leur enfant et leur a permis d'entrevoir une amorce de solution, ou seulement d'explication, en considérant leur enfant sous un jour différent.

Ils disent : « en lisant cet article, j'ai trouvé que certaines phrases correspondaient tout à fait à ce que je pensais de lui, mais je ne me le formulais pas clairement ».

Cet article, très journalistique, dans son sens accrocheur, comportait nombre d'erreurs, d'affirmations fausses, mais il a fonctionné comme un révélateur concernant la particularité de leur enfant.

À partir du moment où ses résultats scolaires avaient commencé à baisser, on l'a qualifié de paresseux, d'indifférent à l'échec scolaire, d'inconscient qui ne songe pas à l'avenir, toutes caractéristiques qui donnaient l'impression d'être énoncées un peu au hasard et pour donner une justification rationnelle à cet échec qui s'installait.

Ainsi, 52 % des MENSA ont connu une baisse générale de leurs résultats, et 67 % ont eu des difficultés particulières dans une classe, pourcentage qui monte à 76 % chez les moins de 25 ans.

Les fausses explications

Si la souffrance de l'enfant est trop évidente, la responsabilité est rejetée sur l'environnement scolaire : professeurs peu compréhensifs, voire sadiques, manquant de conscience professionnelle, éprouvant une rancune particulière à l'égard de leur enfant, et dont les annotations montrent le manque total de psychologie. De fait, ces enfants rencontrent parfois un mur opaque d'incompréhension absolue.

Chez les MENSA, 36 % ont vécu un conflit particulier avec un professeur.

L'article révélateur décrivait des enfants d'un certain type, comme celui-ci, c'est-à-dire « assuré d'être mal compris, ne cherchant pas à s'exprimer, méfiant à l'extrême... vivant en état de guerre contre lui-même et contre les autres, il ne sait plus être confiant, spontané, naturel ». Par ailleurs, « ses connaissances sont précises, étendues, sa mémoire est excellente et il fait preuve d'une grande rapidité dans les processus de réflexion ».

Une mère m'écrit : « j'ai été bouleversée par le comportement qui est décrit et qui correspond exactement à celui de mon plus jeune fils durant sa scolarité : il lui colle à la peau ! ». Puis, elle décrit un adolescent qui s'est ensuite replié sur lui-même.

Les adolescents que j'ai vus ont de 12 à 18, voire même 20 ans, mais ils sont encore dans le circuit scolaire et tentent désespérément de passer le BAC.

Aucun n'était passé en cours préparatoire avec dérogation, ce qui signifie qu'ils n'ont pas été reconnus comme précoces, mais, dans certains cas, la mère disait : «  on me l'a proposé, mais je n'ai pas voulu pour qu'il profite encore de la maternelle et qu'il joue avant de connaître les obligations scolaires, mais maintenant je regrette ». Parfois, il y a un aîné qu'il serait ennuyeux de laisser rattraper par le cadet.

L'histoire scolaire de l'enfant est souvent la même : une Primaire qui s'est déroulé sans problème, l'enfant travaille peu à la maison, mais il a de bonnes notes, il est dans les premiers. Il évite ainsi d'attirer l'attention, car il se sent souvent déjà un peu différent des autres, sans pouvoir définir cette différence. On ne pense pas à lui faire sauter une classe, puisqu'il n'est pas le premier et que le premier peine parfois à se maintenir à cette place glorieuse. Donc s'il passait une classe, il faudrait agir de même avec le premier de sa classe qui ne pourrait suivre un rythme plus rapide, alors personne ne passe.

Cependant, 25 % des MENSA ont sauté une classe dans le primaire, et leur taux de redoublement y est de 5 %, très loin derrière le taux moyen qui était par exemple de 15 % en 1970.

Aucun événement n'a jamais justifié une interruption particulière, pas d'examen psychologique, pas de test, puisqu'il ne pose pas de problème. Il a des camarades, souvent un peu plus âgés que lui, et de nombreux centres d'intérêt. Il peut éprouver un certain ennui en classe, reconnu par 34 % des MENSA pour le Primaire, mais il le surmonte pour ne pas faire de peine à ses parents et en attendant le Secondaire dont il espère beaucoup, puisqu'on lui dit que c'est plus varié et plus intéressant. Bref, on décrit un enfant épanoui, presque heureux, avec juste quelques dissonances que tout enfant peut présenter au cours de son évolution.

Ses parents sont souvent fiers de lui qui fait preuve d'une telle aisance. Ils ont même un sentiment d'orgueil, comme cette mère qui décrit la belle et intelligente petite fille, semblable à une princesse, devenue adolescente apathique et indifférente, accumulant des échecs de plus en plus graves, qui vient me voir.

L'échec du redoublement

La situation se dégrade très rapidement si un redoublement est décidé, généralement pour un motif absurde : il a manqué quelque temps pour raison de santé, il pourrait améliorer son orthographe, ou bien son écriture, avant d'aborder le Secondaire, il peut bien perdre un an puisqu'il n'est pas en retard, il manque de maturité, terme général qui recouvre tout ce qui le différencie des autres et qui lui convient d'autant moins que ces enfants sont souvent très mûrs, mais on ne pense jamais qu'il serait préférable de l'aider à dépasser ce léger handicap incriminé, justement pour lui éviter le redoublement.

Les parents hésitent à discuter. Ils craignent de passer pour de mauvais parents qui préfèrent leur ambition personnelle, projetée sur leur enfant, au bien de celui-ci. Les heurts entre parents entêtés et professeurs rigides peuvent être dramatiques, et les parents finissent par se taire pour que leurs enfants ne pâtissent pas davantage de cet affrontement.

Donc, ils n'osent pas insister et se rangent finalement à l'avis des pédagogues, surtout s'ils estiment leur propre niveau d'études trop faible pour discuter d'égal à égal avec un professeur. Si leur niveau culturel est bon, on dit qu'ils en profitent pour essayer d'impressionner un professeur bien décidé alors à ne pas se laisser manœuvrer. L'argument le plus fréquent est que ce redoublement va lui permettre « de consolider les bases ». L'histoire des MENSA reflète bien cette dégradation : 45 % ont redoublé dans le Secondaire, et ils sont globalement 60 % à s'y être ennuyés.

Pour lui, quelque chose a brutalement basculé et il ne saisit pas pourquoi, il pense que ce changement échappe à toute pensée rationnelle : il était un bon élève sans fournir le moindre effort et tout ceci lui semblait normal. Il était normal qu'il réussît, puisque cela ne lui coûtait rien, il était normal qu'il ne fît aucun effort, puisqu'ils auraient été inutiles.

Ce miraculeux équilibre s'effondre subitement ; en 6ème les premières fissures apparaissent, mais il ne peut les colmater, donner le change, espérer se refaire comme il l'a toujours fait. Les professeurs lui accordent un crédit positif, puisque son brillant passé plaide en sa faveur. En 5ème, la situation se dégrade rapidement, il ne peut plus rien maîtriser, tout lui échappe.

Si le taux de redoublement des MENSA a été jusque là inférieur à la moyenne générale, il la dépasse de plus de 3 points en 4ème.

Ce merveilleux pouvoir, quasi magique, qu'il avait sur le savoir, son acquisition, a disparu. Ce qui était un jeu : jouer avec les nouvelles connaissances, avec les mots juste découverts, avec les concepts, avec les chiffres, devient un horrible cauchemar, exactement comme ces cauchemars classiques où l'impuissance du rêveur finit par le réveiller, tant elle est insupportable. Maintenant, l'impuissance est devenue son état habituel, sans recours.

Cette idée d'un élément magique qui avait imprégné son enfance pour disparaître dès qu'il a un peu grandi est certainement importante pour aider ces enfants à se reconstruire une image un peu moins mauvaise. Sinon, ils se voient comme des victimes d'une distribution arbitraire de dons, la roue a tourné pour eux et ils perdent après avoir sans cesse gagné, mais sans avoir pu profiter de cette bonne fortune : ils la croyaient éternelle, elle était passagère, on ne les en a pas prévenus, ils auraient accumulé davantage de trésors de savoir, auraient prêté plus d'attention aux plaisirs de la connaissance, au lieu de penser qu'il s'agissait d'une source inépuisable et toujours facile d'accès. Ces munitions auraient pu leur être utiles, ils ont perdu un pouvoir qu'un malin génie ne leur avait octroyé que pour les faire souffrir ensuite en le leur retirant.

Comment espérer qu'ils sauront décrire un état d'âme aussi confus, et même penser qu'ils pourraient en avoir une conscience claire, justement au moment où ils basculent du côté sombre de la vie.

L'après redoublement

Ce choc, extraordinairement amplifié quand il s'accompagne d'un redoublement estimé peu justifié, atteint profondément le narcissisme indispensable à tout développement harmonieux. Il va laisser une blessure grave, et sans doute irrémédiable, dont les conséquences ne sont pas immédiates, ni évidentes. Parfois, l'adolescent lui-même pense que ce redoublement n'est pas mauvais, il aura une année tranquille, puisqu'il connaît le programme, il pourra retrouver un peu de son brillant d'autrefois, tout en évitant un effort épuisant pour lui qui en avait si peu l'habitude.

L'expérience nous montre bien que les résultats vont aller en empirant, de façon irrémédiable, mais personne n'en a encore tiré de loi générale, on persiste à penser que le redoublement d'un enfant intelligent lui fera du bien et lui apprendra à travailler comme les autres.

En fait, ce narcissisme, qui est un bien précieux dont nous avons tous un besoin impératif, est entamé d'une manière brutale, incompréhensible pour l'enfant doué devenu mauvais élève. Il est touché justement là où il était le plus à son aise et dans le domaine que ses parents appréciaient le plus, il devient mauvais pour lui et méchant parce qu'il déçoit ses parents. Les retombées de cette atteinte profonde sont souvent dramatiques pour très longtemps, parfois la vie entière s'en trouve entachée.

Il arrive, d'ailleurs, que les adolescents, dont l'échec s'amorce seulement et qui ne sont pas encore profondément blessés, retrouvent une énergie et un désir de réussite suffisants après avoir passé un examen psychologique qui leur a renvoyé d'eux une image positive. Leur narcissisme défaillant a été restauré par l'annonce d'un résultat objectif, qu'on peut même chiffrer, ou simplement situer par rapport à la population générale. Même s'ils savaient au fond d'eux-mêmes qu'ils avaient de bonnes possibilités, ils n'auraient jamais osé l'exprimer alors que leur carnet de notes reste si faible.

Enfin quelqu'un ne leur dit pas qu'ils manquent de maturité, que c'est pour cette raison qu'ils ne savent pas travailler, qu'ils ne pourront pas pousser très loin leurs études à cause de leurs lacunes. Ils s'entendent décrire comme des adolescents si mûrs qu'ils prennent à leur compte les ennuis de leurs parents et s'en trouvent parfois bouleversés, si rapides d'esprit qu'ils ne peuvent se plier à de trop lentes disciplines d'apprentissage, et que leurs lacunes sont dues à un moment de distraction passagère et qu'elles peuvent être comblées sans difficultés.

Le refuge dans la maladie se présente parfois comme le seul recours accessible dans l'immédiat. Ils détestent tellement l'école ! Ils s'offrent alors un répit, avec une excuse tout à fait recevable, mais la situation a empiré quand s'achève la convalescence, à cause du retard accru dans l'acquisition des connaissances, de la nostalgie du plaisir éprouvé tandis qu'ils échappaient aux contraintes scolaires, parfois à cause de la découverte d'autres activités plus satisfaisantes.

Les parents

Si je parle à peine des parents à ce moment de l'évolution, c'est qu'ils deviennent spectateurs impuissants ; quelles que soient leurs réactions, elles ne peuvent atteindre le cœur du problème, il ne semble pas y avoir de réponses appropriées à cette situation. Ceux qui viennent en consultation sont soucieux et attentifs, puisqu'ils ne laissent pas leur enfant s'enfoncer dans une impasse scolaire et qu'ils ne se fient pas entièrement au jugement des professeurs.

Ils ont du mal à faire eux-mêmes travailler leur enfant à cause de l'exaspération douloureuse qu'ils ressentent en face de ces lacunes qui les désolent. L'enfant se rend compte qu'il fait souffrir ses parents, il est encore plus perdu.

Parfois il fait le bête pour qu'on le laisse tranquille, tant il a honte de cette image d'ignare, il refoule sa bonne volonté pour avoir l'air moins stupide et pour faire croire qu'il ne veut pas travailler, qu'il est paresseux et que cela ne l'intéresse pas...

S'il s'applique, son ignorance devient plus évidente ; il n'y a pas de relation confortable entre parents et enfants considérés comme de mauvais élèves, c'est aussitôt le conflit, tant il est difficile d'admettre que son enfant puisse être aussi faible.

La blessure narcissique que leur enfant a reçue, ils l'ont aussi reçue de plein fouet, ils s'identifient à leur enfant, avec la douloureuse impuissance de celui qui souffre pour l'autre sans pouvoir agir, plus rarement, ils lui en veulent. Ils avaient bien saisi qu'une modification était intervenue dans le cours de la scolarité, mais les paramètres leur ont complètement échappé, ils pensaient que c'était un accroc accidentel et que tout allait reprendre le cours normal. Voyant leur enfant s'ennuyer un peu dans le Primaire, ils attendaient le Secondaire et la diversité des matières et des professeurs pour que leur enfant donne toute sa mesure, et rien ne s'est passé comme ils l'avaient prévu.

Parfois, ils ont eux-mêmes connu des difficultés scolaires, avec un cas de figure semblable, et ils peuvent penser à une répétition de l'histoire familiale, mais quand ils ont été bons élèves, ils ne comprennent pas cet échec.

On peut dire que ces enfants aux débuts brillants et prometteurs, dont on pensait justement que leur scolarité ne poserait aucun problème, à l'aisance remarquable, n'ont pas du tout intégré l'idée de travail et d'effort, parce que cela ne leur était pas nécessaire, qu'il leur manque des techniques, parfois de base, surtout quand leur orthographe est faible ce qui est souvent la cause d'un trop grand décalage entre le moment de l'apprentissage de la lecture, si aisé qu'il a été à peine perçu comme un apprentissage, et celui de l'écriture, plus tardif et ardu, quand la rapidité de pensée s'accommodait mal de la lenteur et de la maladresse du graphisme.

Je m'en suis tenue aux échecs dans le Secondaire, mais pareil cas se retrouve dans l'enseignement supérieur, avec des échecs, parfois dramatiques, aux classes préparatoires. Les élèves, à qui l'on prédisait les écoles les plus prestigieuses, finissant par échouer dans de petites écoles où ce qui leur reste d'ambition s'enlise dans un marasme parfois alimenté de tranquillisants. 25 % des MENSA ont redoublé dans l'enseignement supérieur.

Sont sauvés ceux qui ont une mémoire particulièrement développée, elle leur permet de se rattraper. Également ceux qui ont toujours eu le goût de l'effort, et qui, anxieux, n'étaient jamais sûrs de réussir, pensant que tout avait bien fonctionné jusqu'ici par une sorte de miracle ou de grâce qui pouvait les abandonner à tout moment et qu'ils se retrouveraient alors aussi médiocres que la moyenne de leurs camarades. Ceux qui sont guidés par une passion, et veulent à toute force concrétiser cet idéal, parviennent aussi à réussir : ils admettent de travailler des matières qui les ennuient profondément pour atteindre leur but.

Les adultes

Certains adultes, venus en thérapie vers 30/40 ans se reconnaissent parfois avec précision dans la description des enfants précoces. Surpris, ils disent : « Mais j'étais comme ça, moi ! ». Leur histoire est identique : résultats scolaires qui se dégradent, redoublement, réussite de justesse au Bac ou bien échec et circuit d'étude court, ou interrompu ; ils aboutissent à un métier peu motivant, très subalterne. Ils sont toujours en état de deuil, ils ne savent même pas de quoi, mais ils gardent le lointain souvenir d'un renoncement, d'un sacrifice, d'un décalage surtout entre leurs rêveries d'enfant au sujet de leur avenir et la réalité qu'ils subissent avec un sentiment de malaise, d'inadéquation indéfinissable qui les conduit à chercher à mieux se connaître.

Subtilement désadaptés, sans qu'il y paraisse, ou bien de façon si provocante que la raison véritable en est complètement occultée et qu'on attribue ce comportement décalé à de toutes autres causes, ils espèrent faire disparaître ce voile qui les brouille avec la réalité.

Au cours de la thérapie, ils retrouvent parfois le moment précis où ils ont basculé dans cet état de deuil, mais sans avoir jamais eu véritablement conscience qu'il s'agissait d'un deuil.

Un jeune homme a rêvé qu'il se voyait mourant au moment où il évoquait son histoire scolaire et il a associé cette mort à un redoublement qui l'avait blessé, parce qu'il le considérait comme injuste.

On voit comme il est impératif d'être en alerte pour éviter aux enfants précoces cet enlisement désespéré. On ne peut espérer que les parents seuls puissent détecter la précocité de leur enfant, et, de toute façon, ils risquent tant d'ennuis avec certains pédagogues que leur discernement ne leur serait pas vraiment utile sur le plan social pour l'intégration future de cet enfant.

Il existe évidemment des professeurs et des directeurs d'école qui savent reconnaître un enfant précoce, mais ils n'ont pas toujours tous les pouvoirs nécessaires pour faire admettre leur point de vue à leurs collègues.

Ils s'entendront répondre que d'autres enfants, plus réguliers dans leurs résultats, doivent être favorisés, et qu'il serait injuste d'établir un passe-droit pour un enfant déroutant, qui est, de plus, un élève médiocre.

Chez les MENSA, 37 % seulement ont atteint le niveau d'études qu'ils désiraient, et 87 % pensent maintenant qu'ils auraient pu atteindre un niveau d'études supérieur à celui qu'ils ont obtenu. Mais ils sont 55 % à avoir repris des études à l'âge adulte.

En conclusion

En conclusion, il convient de se montrer extrêmement vigilant sur les points suivants :

Cette démarche, conduisant à l'identification de ces enfants, devrait être systématique. Elle demande un changement en profondeur, mais c'est le prix de leur équilibre et la promesse d'une vie adulte harmonieuse.

© Arielle Adda - Août 1989 - Eurotalent Barcelone
Texte reproduit avec l'autorisation d'Arielle ADDA, qui en conserve tous les droits.