GAPPESM
Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Surefficience Mentale

Que faire avec mon enfant zébré ?

Sur 100 enfants d'âge scolaires, on considère généralement que 2 à 5 d'entre eux sont "hors norme", c'est à dire qu'ils ont des compétences intellectuelles particulièrement développées si on considère le développement normal moyen des enfants du même âge. Le critère pour considérer qu'un enfant est intellectuellement précoce est la valeur de son quotient intellectuel (QI) supérieure à 125 points (Wechsler). Ce QI correspond à une avance en âge mental d'un an à l'âge de 4 ans et de 2 ans à l'âge de 8 ans. Si l'enfant a 10 ans, on considèrera qu'il a un âge mental de 12 ans et demi. En fait, le QI est souvent évalué en cas de problèmes divers, pour dépister certains retards mentaux, ou de développement, ou pour éliminer cette éventualité.

Mon enfant est-il... ?

Quand des parents doivent-ils se demander si leur enfant est « intellectuellement précoce » ? Quels sont les signaux d'alerte ?

Ce n'est pas tant un signal que la concomitance d'un ensemble d'indicateurs qui semblent plutôt signaler la précocité chez l'enfant.
Certains auteurs citent :

  1. des problèmes d'endormissement ou de sommeil
  2. un accès au langage très tôt ou au contraire plus tard, mais avec un langage structuré
  3. accès « spontané » à la lecture
  4. des problèmes de graphie (refus d'écrire notamment)
  5. une curiosité qui peut tourner aux questionnements les plus diverses de façon insatiable
  6. hypersensibilité
  7. sens de l'humour

Mais attention, être précoce n'est pas une tare ou une différence insurmontable. Il n'y a pas nécessairement à rechercher si l'enfant est ou n'est pas précoce.

Que faire si je rencontre des difficultés ?

Quelles démarches leur conseiller ?

Pour les parents qui rencontrent de réelles difficultés, s'il s'agit d'un dépistage, je leur conseille d'aller consulter un psychologue qui connaît et qui travaille sur la précocité, puis de voir les instits en charge de l'enfant et, au besoin, le psychologue scolaire. Et adapter, voire s'adapter à ce contexte pour permettre une meilleure prise en charge de l'enfant.

Il y a-t-il une prudence à avoir lorsqu'on contacte un psychologue pour son enfant ? une prudence à avoir pour comprendre les tests ?

En matière d'enfance et de dépistage, je pense que deux avis valent mieux qu'un ; en l'occurrence, psychologue, psychiatre ou tout autre professionnel de l'enfance (instit ou psychologue scolaire) semblent être en mesure de dépister la précocité ; mais cela n'est pas si simple.
Même s'il s'agit de sujet « porteur » la précocité n'est pas si simple d'abord. En effet, la plupart de ces enfants ne rencontrent pas plus de difficultés majeures que les autres, et ne sont donc pas dépistés ; ils vont donc poursuivre une scolarité sans difficultés, parfois brillante, parfois dans la norme.
Pour un faible pourcentage d'entre eux, l'accumulation d'expériences de vie et de caractéristiques personnelles vont « déclencher » une réaction qui va induire une situation pathologique, situation que les parents ou les proches doivent prendre en compte pour pouvoir répondre à leur attente et mettre en place quelque chose (qui peut être de l'ordre de la thérapie) qui leur permette de trouver leur place et de s'épanouir.

Les tests ne sont pas suffisants pour parler de précocité ou de surefficience mentale : l'approche de cette question est toujours très controversée, mais les seuls tests de QI, s'ils donnent un chiffre en rapport de la position d'un enfant par rapport à son groupe d'âge, ne sont pas suffisants : un bilan psychologique, avec anamnèse et tests de personnalité sont des compléments nécessaires à tout bilan.
Attention, le bilan et les tests ne peuvent être effectués que par des personnes compétentes. Les tests en ligne ou autres ne sont pas prédictifs de précocité ; ne pas tomber dans le piège !!!

Mon enfant précoce, surdoué, surefficient mental doit-il aller à l'école ?

Quelles solutions scolaires préconisez-vous ?

Trois solutions sont préconisées pour les enfants précoces :

Aucune n'est préférable aux autres a priori ; chaque cas étant spécifique et propre à chaque individu, on ne saurait conseiller l'une ou l'autre ; par exemple, selon qu'on habite en ville ou à la campagne, que la précocité soit reconnue ou non par les instituteurs, que les classes soient des classes de niveau ou des classes d'un niveau, la démarche sera différente.
Et surtout tout dépend de l'enfant, des relations qu'il entretient avec ses pairs.

L'Éducation nationale a-t-elle progressé dans la prise en compte de ces enfants ?

Depuis le rapport Delaubier (2002) et la loi d'orientation (2005), beaucoup de choses ont progressé dans les mentalités ; cependant, il reste beaucoup à faire, notamment pour faire tomber les stéréotypes liés à la précocité, qui laissent entendre soit que ça n'existe pas, soit qu'un enfant précoce n'a pas besoin d'aide.

Et si je suis complètement perdu(e) ?

Quels conseils donner à des parents qui sont perdus sur cette question ?

Prendre contact avec des associations de parents d'enfants intellectuellement précoce (notamment sur les forums ou de nombreux témoignages existent) ; ensuite ne pas hésiter à en parler à des spécialistes de l'enfance (psychiatre, pédo-psychiatre ; médecin ; psychologue ; psychologue scolaire ; instituteurs) ; puis déterminer les meilleurs choix à faire pour son avenir.
En cas de dépistage, en parler à son enfant en le rassurant ; il n'est pas seul dans ce cas et il est avant tout un enfant.

Questions posées par Bénédicte Fournier (Valeurs Actuelles)
Réponses d'Ingrid.