J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

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JMLA
Messages : 6
Enregistré le : 24 août 2019, 10:16

J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar JMLA » 24 août 2019, 15:58

Bonjour,

En lisant de nombreux témoignages sur ce forum, je me sens bien moins atypique. Je dirais même banale.
Scolarité en dents de scies. Avec des périodes rebelles et d'autres plus studieuses.
Un temps diagnostiqué Asperger, puis bipolaire, puis ... aujourd'hui.
Jeune, on m'a pourtant fait faire de nombreux tests de QI qui se sont tous révélés en TH. Mais personne pour m'en expliquer comment gérer la "chose".
Dans les périodes rebelles, on a même essayé de me faire redoubler. Et j'enclenchais pour réponse, soit de sauter une classe, soit de passer des diplômes à l'avance en candidat libre. J'ai appris en plus de deux langues à l'école, trois autres langues. Mais surtout la PNL et autres analyses comportementales ...
J'ai continué mais études en alternance car besoin d'être tout le temps occupé. J'ai même donné des cours dans une association d'insertion, pendant que moi même j'en recevait.
J'ai travaillé en grande distribution, où je faisais énormément d'heures. Puis j'ai changé d'enseigne. J'ai commencé à m'y faire chier car 35 heures.
Puis une salle histoire, ou j'ai pris le parti des employés en souffrances alors que j'étais cadre dirigeant. Ça m'a value police, menaces, ...
Ce qui m'a plongé dans une dépression.
Puis j'ai pris un boulot de merde. Et je suis monté très vite dans les échelons. Mais patron de merde.
J'ai monté ma boîte ( startup ) en deux mois, plus de vingt employés réparties sur plusieurs continents, des clients prestigieux, dans le monde du luxe, VIP, États, .... J'ai pris un associé car je suis issue de la cité et que l'argent quand il est à moi me fait peur. Alors que j'ai eu à gérer des centaines de millions.
Mon associé s'est avéré être une belle merde.
J'ai tout revendu à un gros industriel pour juste mes dettes.
Pour envoyer mon associé se faire ....
Puis chargé de développement dans une start-up désormais leader dans son secteur.
Puis re-creation d'une entreprise avec un de mes anciens clients. Qui s'est avéré être une très mauvaise association.
Les entreprises sont toujours actives. J'ai encore des parts dans chacunes mais je me suis assis sur près de 800 000€.
Bizarrement, je n'ai pas d'attirance pour l'argent. Mon plaisir est de voir mes idées réussir, se développer ...
J'ai toujours trouvé de quoi vivre la vie que je veux.
Je suis à aujourd'hui à la fois à mon compte, employé et j'écris.

D'un point de vue familiale : papa de deux garçons. Un de 16, l'autre de 11 ans.
Marié, mais vie sentimentale un peu chaotique. 23 ans avec la même femme, mais avec des séparations et d'autres rencontres durant ces séparations.
Mon fils de 11 ans semble suivre les mêmes mécanismes , réflexes que moi ....
Nous avons des pré-dispositions familiales : sœur polyglotte et enseignante dans plusieurs domaines, et cousin physicien nucléaire.
Mes démarches récentes vis à vis de mon psyché sont liés à mes fils.
D'abord, pour ne pas être un poids pour eux ( père singe savent, mais aussi opressant car je devine tout ( faire les devoirs avec moi est très perturbant pour eux car j'ai le souvenir de toutes les leçons de ma jeunesse.
Je n'ai pas envie qu'ils attendent des années si ils sont dans le même cas.
Mais j'ai aussi envie de me libérer car depuis trop longtemps, je retiens ce que j'étais et suis. Et cela engendré de nombreux incidents.
J'ai depuis peux transformer une partie de ma maison en "laboratoire de jeux" pour que l'apprentissage soit ludique et familiale ( découpe laser, graveur, CNC, imprimante 3D, robotique, informatique et tout types d'autres outils ...).
Je sors surtout d'une longue dépression de plusieurs années car je me freinais depuis trop longtemps.
Et que j'ai décidé de vivre ma vie et pas celle qu'on m'impose.
J'ai fait les tests WEIS, Manse, .... Il en ressort que je suis dans les 0,006 de la population.
Que cela me bouffe.
Que je passais mon temps à limiter mes pensées, avis, analyses.
Mes proches m'ont toujours donné l'adjectif de caméléon.
Mais trop de souffrances, de retenues.
Mais surtout, je n'en peut plus de faire souffrir les miens quand je devines leurs pensées, que j'anticipe leurs réponses, que je leurs fait passer des interrogatoires, je ne supporte plus de les voir se retenir ou ne pas me parler d'une de leur nouvelle passion dont j'ai la capacité d'acquérir l'expertise avant eux. Dans l'indelicatesse de ne juste vouloir partager plus de temps avec eux.
Alors, je faisais fuire ceux que j'aime pour les voir heureux. Mais je me suis rendu compte que je ne faisais que leurs faire encore plus de mal.
Donc j'ai pris la décision de me faire suivre psychologiquement plus intensément.
Mentounasc
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Re: J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar Mentounasc » 24 août 2019, 18:26

Bonjour !

D'abord, bienvenue chez les doux dingues…


Ce que tu écris (de façon qu'on devine un peu désabusée), beaucoup d'entre les zèbres l'ont vécu.
En fait, nous sommes (en général) tellement tournés vers les autres que nous en oublions leurs perceptions, ce qui nous fait souvent dire que nous sommes incompris.
Car à trop comprendre les autres, et à vouloir par gentillesse (ou égard, amour, affection … mets ce que tu veux comme cause) devancer leurs désirs, on finit par les "casser" ! Et oui, ils ont l'impression de n'avoir plus d'initiative, que leur libre arbitre s'enfuit.
Il faut donc mettre la pédale douce non pas sur la compréhension et la recherche de compréhension, mais sur nos réactions qui trop souvent commencent par un "désarmement" qui plait mais qui à force finit par user et lasser.

Réfléchis à ça, et dis-moi si je n'ai pas un peu raison…

Si tu as besoin d'exemples, je peux t'en donner...
Nihil Nisi Silentium Timet !
JMLA
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Re: J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar JMLA » 25 août 2019, 23:29

Bonjour et merci pour cette réponse,

Oui, j'ai besoin d'exemples, de me transposer.
Je pourri la vie de mon dernier. Alors que j'essaie justement le contraire.
Depuis qu'il a 4-5 ans, je lui parle comme à un adulte.
Je lit en lui mon passé. Ce que j'étais ou je suis.
Mais j'ai tellement peur qu'il vive les mêmes choses que moi ! Alors, je l'étouffe pour les raisons que tu as couché.
( Je suis hypermnésique complet, ce qui a d'abord fait penser aux psychologues et psychiatres que j'étais Asperger ).
Mes tristesses et souffrances passées d'il y a 20 ans sont aussi fraîches qu'hier.
Et malheureusement, avec ce que j'ai étudié, j'ai acquis de trop grandes capacités intuitives et analytiques.
Et au quotidien, mes enfants, mon épouse en souffrent.
Surtout mon dernier, "micro moi".
Aucun psy n'a de solutions, car comme ils aiment me le dire, je suis trop atypique !

Cela me fait bizarre d'être en ce forum.

J'ai tellement envie de me comprendre, maîtriser ou me lâcher. Mais j'ai tant envie que ce soit dans une osmose pour les miens.
Je veux plus me sentir seul.
Je ne veux plus faire de mal à ceux que j'aime.
Marre de me cacher, de mentir, d'arranger la vérité.
J'ai mis en place de mauvais réflexe. Quand je sens que je dois prendre des décisions, je rentre des personnes toxiques dans ma vie. Pour déporter mes combats.
J'ai envie de vivre !

Malheureusement pour moi, et comme tu l'as décrit, je fais preuve de trop d'empathie extimisante envers ceux que j'aime. Ou envers ceux à qui je donne un potentiel affectif.


Oui, j'ai besoin d'exemples, j'ai besoin de lire que mes pensées et les douleurs qui en découlent ne me sont pas unique.

J'ai besoin de me comprendre pour que mon dernier puisse profiter de ses dernières années d'innocence. Et puisse se construire et vivre sa propre vie.

Vos exemples, vos pensées ; j'en ai besoin.
Comme d'injerer des informations sur ce que je suis, nous sommes (zèbre , THQI, ....).
capricorne
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Re: J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar capricorne » 30 août 2019, 22:39

Bonsoir JMLA,
Je ne sais pas trop quoi te dire, sinon que, c'est vrai, les "encombrés" sont souvent "encombrants" pour leur entourage...
Mais quand même, tu devrais relativiser, car vivre avec les autres n'est simple pour personne, HP, NP ou autre, surtout dans la durée.
C'est vrai aussi que la démesure des perceptions, de l'intellect et de la mémoire, cette "fringale" d'absorber des connaissances puis de s'en servir pour "envelopper" ceux que l'on aime n'est pas forcément la meilleure façon de leur prouver notre amour, justement...
Ils peuvent trouver cela étouffant, voire écrasant.
Comment mettre de la légèreté dans les relations familiales, tout en assurant un rôle de protecteur et de guide vers l'autonomie ?
Il n'existe pas de parents parfaits, il y a ceux qui le savent et les autres...
J'ai compris, un peu tard, que l'on ne peut empêcher nos enfants de vivre des expériences douloureuses, qu'il faut leur faire confiance et faire confiance en la vie ; facile à dire...

J'ai identifié et pris à bras le corps ma "différence" il y a une quinzaine d'années ; je la respecte et la vis au quotidien, la plupart du temps dans l'incompréhension générale, voire l'indifférence...
J'ai renoncé à vouloir être "légitimée" par ceux qui m'entourent ; mais je ne fais plus aucun compromis qui m'obligerait à me renier, je protège mon intégrité tout en essayant au maximum de m'adapter.
Et ainsi je suis contente de moi, je sais ce que je suis et ce que je ne suis pas, ce que je peux encore devenir ; c'est très confortable d'être enfin en paix avec moi.
En fait, chercher à plaire, à convenir, à répondre aux attentes des autres, pour se faire aimer, être reconnu ou par crainte de ne plus l'être, c'est un peu le problème de tous les humains.
C'est terriblement fatigant et ça provoque souvent l'effet inverse.
Ce que j'écris n'a rien d'exceptionnel j'en suis consciente, rester fidèle à soi même dans les interactions de tous ordres, simplement...
Un jeu permanent qui nécessite, dans mon cas, de grands moments de solitude, sans pour autant vivre dans la solitude.
Voilà, je ne sais pas si j'ai réussi à te faire passer mon message : ne pas se brider, mais canaliser, observer et écouter sans intervenir, peut-être exprimer le trop plein dans une activité artistique, essayer la méditation...
Bonne continuation.
:zebre2:
JMLA
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Re: J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar JMLA » 08 sept. 2019, 19:22

Bonjour Capricorne,

Je n'arrive pas à trouver de schémas, régulateurs, zenitudes afin de me permettre de prendre du recul, voir de la distance.

Notre fonctionnement familiale semble n'être construit qu'entièrement autour de moi.
De ce que je suis ou pense.
Mon épouse est plus diplômé que moi. Plus instruite. Mais tout ce qui touche à la connaissance qu'il s'agisse d'instruction ou d'éducation a toujours pour finalité décisionnelle ou transactionnelle ma personne.

Il y a un an et demi, j'ai dit stop, dans ce qui a été pris pour une violence verbale. Alors que mon souhait était un affranchissement de mon épouse de qui et ce que je suis.
J'étais alors malade et n'avais plus l'envie et les capacités afin de porter tout le monde.
Il en a résulté une séparation, mais surtout une dégradation mentale de mon épouse. Pour moi, une relation de type "harcèlement fusionnel" c'est mise en place. Et c'est donc arrêté lors de cette séparation.
Les enfants en ont énormément soufferts. Et ils se sont mis à reproduire les schémas antérieures.

J'ai rencontré quelqu'un qui a mon avis est aussi zèbre mais dans une autre situation mentale.
J'ai vécu des moments sans comparaisons possibles. Où les choses semblaient être innées. Le genre d'échanges qui se font à la fois sur le verbale et non verbale.
J'ai à ce moment pris sur moi pour ne pas nuire à cette nouvelle relation, mais surtout mettre fin avec sérénité, justesse et moindre mal à mon Mariage. Et je suis allé consulter.

Mais j'ai pris conscience que j'étais à l'origine d'une partie de cette interdépendance que j'entretenai.
Mon nouvel amour me l'avait exprimé avec ses mots. Mais le manque de confiances qu'elle avait en elle se transposait par un manque de confiance en moi.

Pourquoi je te dis tout cela car le dénouement argumente l'ensemble.

Je voyais encore celle qui n'allait plus être ma femme, je la voyais pour régler la séparation, pour mettre en place le divorce et afin que chacun puisse faire le deuil de l'autre tout en ayant les réponses manquantes.
Je n'ai jamais caché la situation à ma nouvelle amoureuse. Mais après qu'elle ait trop souvent exprimé ses peurs, j'ai menti et répondu par l'affirmative à une de ses peurs. Car je n'en pouvais plus à ce moment là.
J'ai essayé de remettre la vérité dans le droit chemin. Mais mon mensonge était devenu vérité dans son esprit.
Ne voulant pas non plus rater ce que je suis, j'ai continué à voir la mère de mes enfants afin que tout se face avec un minimum de douceurs.
J'ai découvert dans ces instants la femme qu'elle souhaitait être il y a longtemps.
Celle que j'ai toujours sublimé.
Et je me suis donc retrouvé avec deux magnifiques femmes à aimer. Et qui avait le souhait d'être aimé par moi.

À aujourd'hui, mon mariage n'a jamais été cassé.
Nous re-vivons en famille.
Mon cœur saigne d'aimer deux femmes. Mais pour les convenances, j'ai mis fin à l'autre relation. Et je n'arrive pas à dés-aimer l'une d'elle.

Mais surtout ce qui m'est insupportable c'est le fait que nous retombons dans les mêmes schémas.
Que ce soit dans le couple, ou avec les enfants.
Et je suis redevenu le singe savant et Régent.
Et je n'en peut plus de cette situation.
Je n'arrive pas à me sortir de ces fonctionnements, à prendre du recul.
Mentounasc
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Re: J'ai soumis la mort, puis laissé fuir ;

Messagepar Mentounasc » 14 sept. 2019, 06:01

JMLA a écrit : Oui, j'ai besoin d'exemples, de me transposer.


Je vais te citer trois grandes catégories :

S'occuper de "l'Autre" (mais à l'excès).
On croit toujours qu'être aux "petits soins" pour quelqu'un est un rêve pour celui/celle dont on s'occupe.
Mais on a tendance à oublier que "l'Autre" a besoin de respirer, et que par exemple trouver systématiquement un verre servi alors qu'on a deviné sa soif va le/la combler. Ben non, parfois, et même souvent d'ailleurs, "l'Autre" a besoin de s'accomplir au travers de gestes simples ou de demandes qu'il/elle formule. En outre, se sentir "couvé(e)" finit par être étouffant, "l'Autre" n'ose plus rien dire par peur de te vexer, et cette crainte de te vexer finit par être traumatisante pour lui/elle.

Penser qu'on a la solution ou la bonne formule et essayer de pousser "l'Autre" à l'appliquer.
C'est vrai que souvent le HP discerne bien les problèmes et trouve facilement des solutions. Mais à vouloir influencer "l'Autre", on en oublie que cet autre a aussi un pouvoir de raisonnement, et aurait pu aboutir à la même soluce (ou à une autre tout aussi bonne), certes peut-être moins rapidement, mais bonne soluce quand même. Au final, l'accumulation des influences sur cet "autre" se fait sentir, il/elle finit par penser qu'on a aucune confiance en lui ou en sa réflexion, voire qu'on l'infantilise. Il faut sans cesse s'en rappeler, et faire d'énormes efforts de diplomatie pour émettre ses opinions sans que l'autre se sente poussé dans une direction quelconque.

Organiser à tout va
Même s'il peut parfois être "brouillon" dans sa vie, la réflexion poussée du HP le pousse à imaginer en permanence des "clefs" pour des situations qu'il/elle n'est même pas sûr(e) de devoir affronter. Et quand une tâche se présente, sa tendance naturelle (ce n'est pas le cas de tous les zèbres, mais ça reste assez vrai) est à vouloir organiser et planifier tout seul. Et là encore, c'est une façon maladroite de faire, "l'Autre" pouvant croire qu'on n'a pas confiance en lui/elle et ses capacités. En outre, en procédant ainsi, on enlève à l'autre une bonne part de ses facultés d'initiatives, puisqu'on s'est chargé de tout. Et cet autre finit par se lasser à force de ne plus pouvoir décider ou prendre d'initiative.



Je pense que si tu lis bien ces trois catégories, tu vas retrouver dans ta vie courante plein de choses "qui gonflent les autres"...
Nihil Nisi Silentium Timet !