Reconnaissance de la surefficience?

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Mentounasc
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Re: Reconnaissance de la surefficience?

Messagepar Mentounasc » 09 janv. 2019, 22:10

J'utilise des phrases "bateau" et des expressions typiquement normopensantes pour évoquer, lorsqu'on me tend la perche (et je fais en sorte qu'on me la tende rapidement) mes souffrances dans certaines de mes relations (je reste toujours vague, j'utilise bel et bien l'expression "certaines de mes relations" ou un équivalent, ce qui laisse à l'interlocuteur la possibilité de penser que ce n'est pas toujours le cas).
En général cette affirmation déclenche un semblant d'intérêt chez celui/celle à qui je parle, qui me questionne alors presque immanquablement pour savoir de quelles souffrances je parle.
La suite s'enchaîne naturellement, mais avec l'écueil à absolument éviter, celui d'utiliser le terme de "surdoué", sinon ton interlocuteur risque de croire que tu fais un complexe de supériorité.
J'utilise donc préférentiellement les termes de "zèbre" ou "surefficient", et, si la personne veut creuser davantage, j'explique que je vais trop vite en tout, parce que je crois comprendre trop vite. En insistant sur la notion de "croire", ce qui fait que l'interlocuteur pense que je doute de moi même, de mes propres capacités à comprendre.
Et si ça continue, disons longuement, alors je fais un mini cours sur la douance… en évitant le piège de me mettre en valeur, parce que sinon on peut supposer que je suis imbu de ma personne.

La technique nécessite un peu de "rodage", et provoque fatalement pendant cette période la perte de quelques relations.
Mais pétard, les "toxiques" ont disparu de ma vie !
Maintenant, rien ne dit que cette technique soit applicable à tous les HP.
Chacun doit avoir la sienne !

Dans la mienne, il y a juste un truc qui me dérange : pour parvenir à dire "ce" que je suis, je fais une manipulation indirecte par le biais de la dialectique. Et cette manipulation nécessite d'être légèrement hypocrite, puisqu'au fond de moi je sais.
C'est normalement en complète contradiction avec ma personnalité, franche, directe, non cachottière, et détestant toute forme de manipulation.

Mais j'ai conclu un pacte avec "moi même" en me disant que cette petite entorse en vaut le coup, c'est un petit mal à mon âme et qui entraîne un grand bien ensuite. Bref, de deux maux j'ai choisi le moindre…
A chacun de voir...

Bien à toi
Mentou
Friedensreich
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Re: Reconnaissance de la surefficience?

Messagepar Friedensreich » 11 janv. 2019, 23:03

Liloukay, je sais pas si mon avis t'intéressera pour la question de "en pratique comment on fait pour faire comprendre qui on est", mais on ne sait jamais, je tente...
Dans ton cas, si je comprends bien, au-delà de "qui tu es" (professionnellement ils s'en fichent, je crois, en général, non ?), ce qu'il faut faire passer c'est "ce que tu ressens/penses" (bon j'avoue, parfois ils s'en fichent encore + !), c'est-à-dire, les conséquences concrètes de la chose.
Parce que, c'est peut-être une idée que je me fais mais, si tu fais comprendre à tes supérieurs ce que tu penses être/es, en tant que pro. qui bosse pour du résultat (il me semble ?), je les vois bien se dire, voire te dire : "oui.... et alors ?"

Je crois que faut fixer le résultat en l'occurrence. C'est-à-dire partir de la chose qui te fait réagir (donc les sujets/situations précis qui rentrent en ligne de compte), développer autant que tu peux (c'est important de savoir comment on fonctionne dans, au moins, certains détails à mon humble avis) sur ce que ça t'a amené à penser et/ou à ressentir, et expliquer en quoi faut le prendre en compte, pour toi, pour eux, voire pour tout le monde. Par exemple si c'est uniquement pour ton bien-être et que c'est juste un petit détail à leur demander comme effort de leur côté, tu peux expliquer que ça te permettra de mieux te sentir (ou mieux te "positionner", par exemple), donc mieux bosser et + vite... Et ça c'est la pire des situations ! Puisque dans le cas où c'est pour eux... bah là c'est tout bénef' pour eux, y'a juste à dérouler la réflexion.

Après, ça dépend des personnalités, y'en a qui seront peut-être + sensibles à la douance dans ce qu'elle implique en l'amenant comme ton identité (mais statistiquement je doute que ce soit à prendre en compte pour tenter ton essai...).

Autre chose : faut quand même jamais oublier, à mon avis, que malgré tout ce que tu pourras faire, il se peut qu'ils s'en fichent éperdument et que tu sois condamné à devoir partir. A ce moment-là, si bien sûr ça arrive, il ne faudra surtout pas tomber dans le piège de penser que c'est de ta faute... Bien sûr, on peut toujours "mieux" faire, mais si tu penses que tu as fait tout ce que tu pouvais à ce moment-là avec les infos que tu avais, va de l'avant et continue à croire en toi, c'est important... Et même si t'as peut-être pas fait de ton mieux, au moins t'auras essayé et tu pourras apprendre de tes éventuelles erreurs, sans non plus tomber dans le vice de vouloir être parfait et du contrôle de soi perpétuel...
Parfois, celui ou celle qu'on a en face de nous peut ne pas avoir le dixième de notre bonne volonté et de nos valeurs, alors faut pas faire un fromage de ces gens, à mon humble avis.

En tout cas, la technique à Mentou' fonctionne pour les discussions "d'égal à égal", mais dans ta situation Lilou', je vois pas comment tu pourrais amener ça... x)

Bref, ma technique c'est : expliquer qui on est "point par point" quand ça s'y prête. C'est mieux que se prendre dans la tronche un mystérieux gros bloc de béton, en tout cas dans la situation dans laquelle on est, pour le moment, de méconnaissance.
Liloukay
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Re: Reconnaissance de la surefficience?

Messagepar Liloukay » 12 janv. 2019, 19:08

Salut,

Merci de vos réponses. Oui, bien sûr, tous les avis m'intéressent !
Je vois bien vos deux positions, qui ne me semblent pas antinomiques (en particulier dans le cas où je ne pense en prendre aucune au pied de la lettre mais faire peut-être un melting-pot des deux... si je m'en sens capable).

Pour la petite mise à jour, j'ai posé hier mon arrêt d'une semaine à mon chef prescrit par ma médecin qui est persuadée que j'ai besoin de plus (et que, telle qu'elle me connaît, ne me voit pas m'épanouir ou me sentir bien dans un emploi où je n'ai pas une très grosse marge de liberté.... mais passons). Comme je suis un peu stupide, je lui ai demandé de me le faire à partir de lundi pour que je puisse rentrer au boulot vendredi aprem, donner le mot en main propre et boucler ce qu'il fallait pour que je stresse pas trop pendant ma semaine d'arrêt. Bon, le moment où je lui ai donné le mot s'est mal passé, je lui ai proposé un entretien quand je reviens pour qu'on en parle mais il a quand même fermé la porte de son bureau pour me faire la morale (un bon quart d'heure je pense) alors que je lui avais dit que c'était pas le bon moment pour moi et que j'étais disposée à discuter pendant ledit rdv.
Donc voilà, vu la réaction de mon directeur quand je lui ai donné le mot je me met à stresser beaucoup pour ce rendez-vous que j'imaginais constructif à la base. Je considère cependant que ce n'est pas normal que je stresse d'un rendez-vous avec mon directeur que j'ai fixé moi-même pour lui parler de mon mal être au travail. Bref, je vais essayer de le préparer au mieux, pour arriver la plus sereine possible et ne pas pouvoir être prise de court. Contrôler un minimum (maximum) la situation. J'envisage donc aussi si je lui dit et comment et qu'est-ce que je peux mettre en place pour éviter que le rapport de pouvoir et domination qui existe implicitement entre nous ne m'écrase pas pour me faire sentir nulle, ridicule et illégitime et, Surtout, ne pas perdre mes moyens. En théorie, c'est moi qui ai le rapport de force dans cette discussion... en théorie... Donc toutes les idées sur "aborder la surrefficience et pourquoi" sont les très bienvenues. Des petites techniques pour la confiance aussi.
Et en effet, si je décide de partir, ça va être un vrai boulot de ne pas me sentir nulle, lâcheuse et responsable.
J'imaginais aussi appeler la médecine de travail (déjà parce que je sais que je ne suis pas la seule à me sentir mal donc je ne rechigne pas trop à attirer leur attention) et leur demander des "conseils pros" pour cette entretien.

Voilà voilà, qu'est-ce qu'on se marre hein ^^'
Merci de vos réponses, conseils et autres :fleur:
Friedensreich
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Re: Reconnaissance de la surefficience?

Messagepar Friedensreich » 12 janv. 2019, 19:35

Coucou Lilou' !

Merci de ton retour, encore une fois... et... bon courage.
J'ai aussi eu à faire à ce genre de situations... extrêmement désagréables, pour moi.

Dans l'idéal, je suppose qu'il aurait fallu tenter de ne pas le laisser "t'enfermer" 15mn dans son bureau en lui disant que le rdv n'est pas aujourd'hui, pour commencer à poser de "meilleures" bases de "rapport d'égalité" d'être humain à être humain, puisque je suppose que ce n'était plus un cadre strictement professionnel mais un cadre médical/perso., donc les règles, à mon sens, ne sont plus les mêmes.
Mais, non seulement c'est un avis qui peut être biaisé par mes propres problèmes de positionnements, mais en + je sais ô combien c'est difficile en pratique de ne pas se "laisser happer"........

En tout cas, la santé c'est vraiment prioritaire à mon sens.
En matière de technique de confiance en soi, je tâtonne à fond, donc je sais pas si j'aurais des conseils très évidents/pratiques, mais essayer de jamais oublier que même si c'est ton supérieur professionnellement, humainement ce n'est qu'un autre être humain qui te doit le respect.
Quand on parle uniquement pro., il aura bien sûr le dernier mot ; quand on parle humain, il ne peut avoir le dernier mot sur ce que tu penses, es, ressens.
A mon avis, je crois que c'est important de discerner où est la limite entre le moment où on parle humain et le moment où on parle pro.
Bon, ce n'est qu'une piste. Après, la confiance en soi s'entraîne, je dirais même au jour le jour, même si c'est dur et que des fois on n'a pas envie. Je ne pense pas que c'est quelque chose qui "vient" comme un truc qui nous tombe du ciel, ou auquel on fait appel uniquement quand on en a besoin.
C'est un art de vivre, d'une certaine manière.

Je dois y aller, mais sache que je compatis vraiment et que tu as tout mon soutien... !
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Re: Reconnaissance de la surefficience?

Messagepar Mentounasc » 16 janv. 2019, 06:13

Oh la la…. je n'ai absolument aucune expérience à partager sur le fait de parler de surefficience à sa hiérarchie, parce que je ne m'occupe de ma surefficience que depuis bien après mon "indépendance".
Autrement formulé, du temps où j'avais des chefs, je n'ai jamais eu de gros problème de ce côté là (du coup je me demande avec le recul si la plupart de mes chefs n'étaient pas un peu HP…. lol… la gueule de l'ironie ! ).

Et franchement, là je flippe pour toi, en me demandant quel peut donc être le profil psy de ton patron pour savoir sous quel angle aborder la chose…
J'en suis perturbé à ta place !