WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

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guiste
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar guiste » 05 juil. 2017, 22:11

Bonjour Shika,

Pour répondre à ta question, un des apports de la thérapie a été de réussir à nuancer ma vision (d'une manière générale). Mon fonctionnement habituel est de tout voir en noir ou blanc, parfait ou nul...
Avec le travail sur la norme, je crois arriver à être un peu moins binaire. Par exemple, dans le cas de ma réflexion sur la douance, j'utilise cette "pondération" en essayant de ne pas trop mal vivre ma non-douance mais en me disant que je peux utiliser, en partie, cette grille d'analyse à mon compte (car, objectivement, j'ai un QI supérieur, même s'il n'est pas haut).
Un autre exemple est celui du domaine des rapports amoureux : étant célibataire depuis presque toujours, j'ai parfois été quasi obsédé par le besoin de "me situer" par rapport aux autres (je faisais alors des recherches de statistiques sur le couple, la sexualité... pour me comparer, pensant que j'étais littéralement taré). Avec la thérapie et le fait que quelqu'un me dise que certains ressentis étaient "normaux", je les accepte mieux comme faisant partie de moi (vs des sensations à refouler car "hors normes" ou "anormales" selon moi).
J'espère être clair...

Et merci à Bug Out pour tes encouragements ;)
Shika
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Shika » 06 juil. 2017, 12:10

Salut Guiste !

Je comprends ce que tu veux dire... Déjà, pour moi, toi et moi ne sommes pas « non-doués »… Comme tu le dis, nous avons un QI supérieur, mais là où je ne suis pas d'accord, c'est qu'il est haut… Si tu regardes vers le « haut », oui tu verras qu'il y a beaucoup de monde, mais si tu regardes vers le bas, tu y verras une foule bien plus impressionnante…
Pour les rapports amoureux, je suis comme toi, « célibataire depuis (presque) toujours ». Cependant, ce n'est pas vraiment, un problème pour moi. Je ne veux pas dire que ça me laisse indifférent, que je suis content de vivre seul… Je sais juste que c'est « comme ça », que je suis peut-être anormal, mais si je changeais, je ne serais plus moi et je ne pourrais pas construire une relation qui dure.
guiste
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar guiste » 10 juil. 2017, 10:07

Oui, comme toi, j'accepte de plus en plus que c'est "comme ça". J'ai arrêté de penser et de réfléchir aux sujets du couple et de l'amour et je me rends d'ailleurs compte que, tout en espérant toujours - sans vouloir me l'avouer - que "ça arrive", je n'arrive pas à me projeter dans ce que serait concrètement la vie à deux (passer du temps ensemble, partager des choses, vivre à deux, etc.)

Et d'une manière générale, les relations humaines (en particulier amoureuses) m'ont rendu assez amer. Je pense souvent à ce passage de "La Recherche du temps perdu" : "Il fut bien vite convenu entre lui et moi que nous étions devenus de grands amis pour toujours, et il disait « notre amitié » comme s’il eût parlé de quelque chose d’important et de délicieux qui eût existé en dehors de nous-mêmes et qu’il appela bientôt — en mettant à part son amour pour sa maîtresse — la meilleure joie de sa vie. Ces paroles me causaient une sorte de tristesse, et j’étais embarrassé pour y répondre, car je n’éprouvais à me trouver, à causer avec lui — et sans doute c’eût été de même avec tout autre — rien de ce bonheur qu’il m’était au contraire possible de ressentir quand j’étais sans compagnon."
Bref, il y a une ambiguïté entre acceptation de la solitude / difficulté à se projeter autrement que seul / amour de la solitude / espoir de la non-solitude / déception quant aux rapports humains... Et c'est en tout cas un peu éloigné du test WAIS :)
Birigarro
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Birigarro » 19 déc. 2018, 21:13

Bonsoir, Shika et Guiste
le sujet est vieux ici, pourtant encore souvent débattu dans tous les milieux HQI/HPI ou autre dénomination !
La jeune dame qui tient le Blog Over the 130, a fait un petit topo la dessus dernièrement.
Les bons praticiens auraient du vous soutenir un peu plus ...
Qu'ils oublient plus ou moins ceux qui sont clairement au dessus de 130 ou clairement à 120 passe, mais ceux qui se trouvent à la frontière, c'est dommage.
Son billet date de moins d'un mois, de mémoire; Soit au pire fin Octobre début Novembre.
Shika
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Shika » 26 déc. 2018, 23:38

Hello Birigarro !
Je pense avoir retrouvé l'article : Formation au WAIS-IV – Bilan (c'est un article sur une formation à l'examen pour l'interpréter, le comprendre, et non pour mieux « performer »).

Sujet intéressant, maintenant, il faudrait que je relise le compte-rendu du test. En effet, je me demande si je suis dans une marge d'erreur de l'interprétation... Ou si les conditions dans lesquelles je l'avais passé pouvait avoir biaisé le résultat (je sortais d'une légère dépression - sans avoir fait de diagnostic - avec une grosse remise en question de moi-même).
Dans tous les cas, je suis encore un peu mal à l'aise avec…
Birigarro
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Birigarro » 06 janv. 2019, 16:53

Bonjour Shika,
L'article auquel je pensais était, https://overthe130.wordpress.com/2018/1 ... -du-hpi-i/ . Je trouvais qu'elle expliquait que les limites du HPI n'était pas aussi fixe que ce que nous avons l'habitude de considérer.
Par contre c'est sûr, dans aucun de ses articles elle ne parle de " performer" au test. Je me demande d'ailleurs pourquoi performer ? Si tu as déjà passé un test, tu te dois d'attendre 5 ans afin qu'il soit considéré comme valide. Et puis celui que tu as fait doit normalement te donner une image de tes capacités du moment et de ton potentiel global. La limite des 130 est définie apparemment de façon arbitraire ( acceptée par la communauté scientifique) pour se voir poser un qualificatif de HQI, mais n'est pas une limite pour le psychologue qui peut lui te qualifier de HPI dès 125. Tout ceci n'est qu'une étiquette en fait. Tu es clairement selon se qui est écrit sur le net et dans les articles sérieux, une personne dans la partie très haute de l'intelligence humaine. Tes qualités sont les tiennes, tes faiblesses ( celles que tu penses être tes faiblesses ) sont les tiennes, tu as en toi les moyens de les utiliser au mieux et si pour cela tu dois te faire aider par un professionnel "psy", ça n'est pas en gagnant 1 point ou dix points au test que tu auras le droit de demander plus de reconnaissance. Cette reconnaissance à partir de ce que tu ressens elle t'est due !
En fait tu sembles vouloir te rassurer toi même et c'est pour ça que je t'invitais à aller voir ce blog, je le trouvais rassurant avec cet article ( l'alphabet du HPI ).
Ailleurs, l'auteur parle d'un continuum et d'autres auteurs le font, il n'y a donc pas de fracture dans la courbe au niveau du chiffre 130, seulement une fracture culturelle. Ce qui signifie à ce que j'ai compris, qu'on peut être considéré HPI ( attention pas HQI ) à partir de 125 de Qi. De même qu'on peut être statistiquement considéré comme non HPI jusqu'à au dessus de 130 ( peut-être 135 ) pourtant on y est bien HQI. Hqi c'est statistique purement et simplement, HPI c'est une évaluation d'un professionnel à partir des statistiques.
Je souhaitais vraiment te rassurer quand à ton ressenti. Je pensais que la personne qui t'as fait passer ce test se devait de te rassurer quand à tout ce qui semble te chagriner.
A bientôt, ici ou sur un autre sujet.
Friedensreich
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Friedensreich » 07 janv. 2019, 10:58

J'avoue ne pas avoir ma place dans le nerf de ce post car, au vu d'un seul test de QI et de ma seule vie, je pense que le verdict est sans équivoque, mais je tenais à te remercier Biri, car je ne connaissais pas la nuance officielle HPI/HQI, bien que je commençais à la faire en mon for intérieur en y réfléchissant en dilettante...
Tu as mis à cette question existentielle :D
Et c'est toujours très plaisant qu'une question existentielle prenne fin !

Sinon, j'en profite pour réagir (tant qu'à faire !), sur la problématique de Shika, et peut-être guiste et d'autres.
J'avais lu le début du topic y'a quelque temps maintenant, mais j'avais pas lu la suite... j'aurais réagi + tôt, sinon, je crois !
En effet, je rejoins Biri'... un test "entre-deux-eaux" ne signifie pas qu'on n'a aucune légitimité. Ca m'attriste de lire ces doutes.
Bon, je n'ai pas compris un petit détail : j'ai l'impression qu'il y a deux tests/diagnostics.
Le test de QI.
Et le diagnostic à la surdouance.
Je me plante ?
A partir de là, si j'ai bon, si tu souhaitais vraiment être sûr de qui tu es en fonction de l'avis d'autres (bon, à mon avis suffit d'échanger et de s'informer un peu pour passer outre, mais chacun son chemin... !), pourquoi ne pas être allé voir pour un diagnostic de surdoué ?
Là, le psy est censé être mesuré et, même si tu es en-dessous de la limite fatidique des 131, il saura donner un avis qui est censé représenter la réalité.

Après, je vais développer ma vision personnelle par rapport à ça :
Oui, Shika, je pense que nos résultats voire même le diagnostic peut être faussé en fonction de notre état d'esprit.
J'irais même plus loin : à partir du moment où nous pouvons augmenter notre QI, nous pouvons devenir ou pas surdoué.
En vérité, je me permets de l'affirmer de + en + avec confiance car j'ai récemment lu quelqu'un qui témoignait de cela !!
Quoi qu'il en soit, je pense que nous ne sommes pas figés et que, même si je comprends très bien le besoin d'avoir une base sur laquelle s'appuyer pour se définir et ENSUITE faire sa vie/évoluer/se trouver plus en détail, je pense que la principale des choses est de s'accepter.
Je veux écrire, si l'on sait qu'on a des capacités émotionnelles, intellectuelles, qui semblent véritablement être existantes ;
Si l'on voit que nous avons une aptitude à penser différemment (donc à être créatif !), à ressentir différemment (donc être pointu et sensible !), et/ou à faire tout ou partie de ça vite... à partir du moment où on l'a expérimenté, quand bien même ce soit dans un désordre confus et dépressif... je pense que nous pouvons être sûrs que nous avons des particularités qu'il nous faut apprendre à connaître et à creuser, simplement.
Je pense qu'il ne faut pas attendre après une acceptation externe de nous-même pour nous accepter en interne.
Disons que, pour les choses "évidentes", "grossières", "visibles" ou "admises", tels que la couleur de peau, l'ethnie, le chant, ou la douance (oui, pour moi ça en fait partie ^.^), bien sûr que l'on peut être d'abord accepté par l'extérieur avant de s'accepter nous-même.
Mais concrètement, dans le détail, dans notre quotidien, dans notre sensibilité, dans nos intentions, dans nos objectifs, qui nous acceptera en premier lieu ?
Je pense être légitime en disant que ça n'est pas l'autre, mais bien nous.

Petit bout de vie perso. qui étaie plus ou moins :
Mon test a mis un chiffre, à l'époque, qui était de 131.
Plusieurs facteurs étaient présents, je m'en souviens :
J'avais pris un somnifère la veille qui, je le sentais, faisait encore son léger effet (bien que je n'ai pas pu être en mesure de savoir si ça a joué lors du test).
J'avais, à l'époque, une grande confiance en moi.
J'ai eu, par je ne sais quel biais cognitif, une mémoire immédiate assez incroyable (bien que j'ai trouvé cet exercice "un peu trop facile", je m'explique).
Je ne sais pas si j'ai passé un WISC ou un WAIS, mais j'ai eu l'exercice de devoir répéter une suite de chiffres, suite à laquelle on rajoutait à chaque fois un chiffre.
Comme ça m'amusait, à ce moment-là, j'ai "réussi" à décrocher une tronche d'un étonnement certain de la part de la psy', lorsqu'elle commençait à se demander jusqu'où j'allais aller.
Je me suis notamment lassé, alors j'ai lâché (je ne dis pas que c'est l'unique facteur, la mémoire immédiate ayant EVIDEMMENT ses limites...).
Si jamais l'exercice avait été de répéter des suites de nombres à chaque fois différentes, le résultat aurait probablement été tout autre.
Sachant que j'étais à la limite : 131, j'aurais certainement été en-dessous.
En effet, je pense que ma fulgurance à cet exercice ne reflète PAS DU TOUT mon quotidien.
La seule chose qui a fait que je l'ai si bien réussi est mon amusement.
L'amusement, l'intérêt... Ca vous parle pas ?
De plus, je n'aurais pas pu avoir cet amusement si je n'avais pas eu cette confiance en moi. (-> Fait intéressant qui peut être développé)

Tout ce que je veux signifier, et je crois d'ailleurs qu'en posant tout ça, des choses nouvelles s'éclairent de mon côté, c'est que l'intelligence ou la surdouance ou la surefficience, etc... est en partie au moins lié à des choses tout à fait subjectives !

Cet "entre-deux-eaux", je le vis moi-même à ma manière, comme je l'ai peut-être laissé entrevoir.
[Arf, j'ai été coupé dans mon pavé... bon... où j'en étais...]
Je trouve qu'il y a une nuance importante entre les HPI qui peuvent être tout le temps (ou en grande partie) dans l'intellect de manière importante, et ceux qui ressentent + facilement ou fluidement ou intensément (ce qu'on appelle HPE ?).
Il se trouve que je m'estime être au milieu de ce joyeux bordel, avec les avantages et inconvénients que cela impose.
L'avantage, c'est que j'ai pu expérimenter ce fameux test d'une manière qui, d'entrée, me l'a fait paraître très subjectif. Etant à l'aise (à l'époque tout du moins !) avec le fait de sentir/ressentir (je dis pas que je suis à l'aise avec mes ressentis, par contre :D), et en même temps ayant une capacité d'abstraction et un intellect certain, j'ai pu constater par la synergie des deux la subjectivité du test que je venais de passer, puisque je constatais mon propre mécanisme à la "réussite" de celui-ci (il était là pour confirmer, donc j'ai réussi à confirmer, disons...).
En réalité, un "HPI/HPE" qui s'intéresse à l'humain et surtout à soi-même, peut avoir cette vision/ce ressenti (eh oui, forcément, les deux !) global de la synergie entre intellect et émotionnel, comme j'aime à les dénominer plus rapidement E et I.
Quand on se fait un minimum confiance dans nos visions et nos ressentis (sans pour autant tomber dans la mégalomanie ou que sais-je, bien au contraire, c'est l'humilité qui permet de faire grandir l'efficacité de la synergie), on s'aperçoit que ce qui peut être cloisonné peut être décloisonné... et là, ça fait des chocapics, j'vous l'dis.
Par contre, ça a un désavantage (au moins un !), c'est que la synergie peut être précaire, surtout si à la base on ressent beaucoup de choses facilement, qu'on n'a pas de cadre, ni de méthodologie, ni de soutien, ni... enfin voilà. On a des moyens de comprendre et ressentir la vie, mais si on n'a pas les données qui rentrent dans la machine, ou si on n'a pas les bonnes données, ça peut avoir des effets dévastateurs, peut-être + que chez d'autres, puisqu'on est dévasté I ET ! E. M'enfin je n'aime pas trop comparer les souffrances.
Donc, si on est dévasté E, on est dévasté I, si on est dévasté I, on est dévasté E (enfin à part cas particuliers où il y a cloisonnement, très certainement), dans notre "entre-deux-eaux", on ne fait pas les choses à moitié, justement ! Et c'est là où est toute notre ambivalence........................ Je crois que mes points de suspension parleront à certains :D
Ce que je veux conclure, au final, c'est que pour les personnes qui ont une synergie entre l'émotionnel et l'intellect (souvent bancale, une synergie n'étant pas forcément harmonieuse ^^) on peut + facilement expérimenter le côté subjectif de la "douance", et vraiment, y'a pas de quoi en faire un fromage et mettre ça sur un piédestal de reconnaissance de soi quand on a expérimenté tous les enjeux bien + profonds que la notion de douance (ou autre) implique.

J'espère que mon texte parlera à certains... j'ai pas beaucoup dormi alors... arf, je doute de moi ^^

J'espère que personne n'interprètera mes propos comme une négation de leur souffrance ou de leur sensation d'être perdu, bien au contraire, c'est pour s'aider à se trouver que j'ose détailler ce que je pense.

Du coup, le sujet de base : l'imposture, ne m'est pas du tout familier, de fait de ce que je pense être ma synergie, chose que j'aimerais que tout le monde puisse développer...
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Mentounasc » 08 janv. 2019, 16:12

Bonjour à toutes et tous.

D'abord laissez-moi vous exprimer ma surprise : non pas de constater une discussion sur le sujet, mais celle de constater que nos statuts de HP n'empêchent nullement certains d'entre nous d'accorder un très large crédit aux notions de QI, QE.... enfin, tous les outils "mathématiques" qui permettent de classer un humain sur une échelle de valeurs.

Echelle qui est forcément subjective, variable (les outils sont divers), et qui n'est que purement mathématique !


Je crois que le plus simple serait de conter mon historiette, et vous comprendrez mieux pourquoi j'affirme qu'il faut prendre de grandes distances avec les tests. Et aussi et surtout avec ceux qui les utilisent !

En 1970-71, (j'ai 15 ans) suite à un problème de santé ayant nécessité une intervention chirurgicale, je suis tenu éloigné des bancs scolaires plus de quatre mois. L'avis des "profs" n'est pas unanime : certains disent que ce n'est pas un problème, et que je peux passer dans la classe supérieure sans difficulté. D'autres ajoutent même que je peux également sauter une classe tant je suis en avance. Et d'autres enfin disent que je vais louper une partie du programme scolaire et qu'il serait donc prudent de me faire redoubler (ah ah ah !)
Alors on sursoit à la décision et on me met entre les mains d'un psy scolaire qui me fait passer différents tests, notamment sur le langage et le sens mathématique. Ma mère et moi sommes convoqués ensuite (parents divorcés) et on lui annonce que j'ai un QI de 178, très nettement au dessus de la moyenne, et que l'option "saut de classe" doit être privilégiée.
J'en parle avec môman. J'ai beau être déjà zèbre à l'époque, ressentir mes différences, je ne sais pas vraiment ce que ça m'apporte de nouveau, et je ne connais bien entendu rien du tout aux problèmes de douance.
Alors je vais à la bibliothèque et je fais des recherches sur le sujet. Pour découvrir notamment que le dénommé Albert Einstein (que j'idéalisais beaucoup à l'époque) avait un QI de 158.
Je me dis que ce n'est pas possible ; j'ai beau me sentir différent, je ne me vois pas capable d'appréhender des abstractions telles que le comportement physique de la lumière ou la déformation de l'espace-temps. Donc il y a forcément une erreur.
Et je mets ça dans un coin de ma mémoire, pour l'oublier jusqu'aux années 90.

Je découvre donc il y a environ 25 ans que les mesures de QI sont une illusion. Selon les chercheurs, il existe plusieurs formes d'intelligence (à l'époque on parlait de 7 formes différentes, et il y a peu j'ai découvert qu'on en recense au minimum 13....), et chacune doit être notée et quantifiée selon des processus différents. Je découvre aussi qu'il existe plusieurs méthodes de mesure, qui donnent des résultats différents. Le cas d'Einstein ressort à nouveau, on précise que les tests des années 50 l'ont diagnostiqué à 158, mais que selon les tests actuellement en vigueur (on est dans les années 90 je le rappelle) il se situerait autour de 175-180.
Bon, le mystère reste entier, mais j'ai au moins apris un truc certain : au delà d'un certain seuil, les QI n'ont plus vraiment de signification et ne sont de toutes façons pas viables parce que forcément incomplets et parcellaires.

Peu après cette découverte, à l'occasion d'un déplacement professionnel, je me rends dans les locaux d'une association parisienne auprès de laquelle j'ai pris rendez-vous.
Moyennant 10 petits francs censés représenter la dépense que j'occasionne, on me remets un gros pavé de plus de 100 pages, on me donne quelques explications, et je me retrouve isolé dans une petite pièce à répondre en un délai limité à des questions ressemblant furieusement à celles que j'ai subies à 15 ans. Quelques jours après, je suis reçu par une personne fort aimable qui me dit que je dois m'adresser à un tel ou une telle, parce que mon QI s'établit entre 150 et 160 (ahhhh, j'ai déjà perdu au moins 18 points, le pied.... lol lol lol) et que je dois en prendre la mesure. Comme je m'étonne qu'on ne me cite qu'un seul nombre alors qu'il est désormais probe qu'il existe plusieurs formes d'intelligence, mon interlocutrice me répond que les méthodes ne sont pas unifiées, qu'il s'agit en outre de théories "révolutionnaires" qui n'ont pas lieu d'être, et papati et patata...

Depuis j'ai découvert qu'il existe aussi un QE, et je sais sans avoir fait de test à ce sujet qu'il doit être élevé, puisque je pleure devant un beau film ou que le sourire de la personne que j'aime (quand il y en a une !) suffit à me mettre le coeur en chamade. J'ai aussi lu plein de témoignages contradictoires sur ces sacrés QI, QE etc etc...

Alors j'ai pris le parti d'ignorer et les QI et mon ego : certes c'est bien d'être intelligent. Mais intelligent en quoi, sur quoi, et pour quoi (en 2 mots) et pourquoi (en un seul). Et du fait de ma zébritude, j'en suis même souvent réduit à penser à la phrase de Brel "j'aimerai tant parfois être beau, beau et con à la fois".
Les outils de mesure de l'intelligence (ou des intelligences) ne sont que des outils. A ce titre déjà, ils sont forcément faillibles. Ils ne servent qu'à nous "catégoriser", que l'on soit NP ou HP. Alors que fondamentalement nous sommes différents.
Certes, la catégorisation et les outils statistiques ont du bon, du très bon même, surtout lorsqu'il s'agit d'aider les individus à s'accomplir, ou à franchir un obstacle. Mais s'en servir à des fins autres que l'aide me semble pervers. Et dénué de tout humanisme.
Je vous en donne un exemple que vous connaissez tous probablement : le nombre de pervers narcissiques qui occupent des postes à responsabilités dans les entreprises est bizarrement concentré sur les services de gestion des ressources humaines... logique me direz-vous... Leur job c'est la discipline, l'embauche ou le licenciement… Mais pourtant, est-ce normal ? Ces malfaisants ne devraient-ils pas être tenus éloignés de toute responsabilité sur les humains ? Leur "qualité" de PN a pourtant bien dû être détectée, non ?

Voilà, vous comprenez mon doute quant à la véritable utilité du(des) QI et autres coefficients. Et je gage que nous devrions tous faire preuve de la même réserve à l'égards de ce qui concourt à nous mettre dans des cases, à nous catégoriser, quoi...
Pourtant, je vais faire un aveu : à force de lire tous ces machins, et comme j'ai aussi un ego qui se manifeste de temps en temps, je serai bien curieux de passer un de ces "nouveaux" test. Pour voir ce qu'on va me dire. Mais franchement, je doute que le sacrifice financier en vaille la peine (car j'imagine en plus que tout cela a un coût, et que forcément, il y a au passages quelque "requins" qui se gavent...).

Allez bon courage à tous.
Moi je décide d'avoir désormais un QI d'huitre transgénique ou d'escargot de Provence nourri au basilic.
Mentou
Nihil Nisi Silentium Timet !
Birigarro
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Birigarro » 09 janv. 2019, 09:59

Bonjour mentou,
Et les autres bien sûr, je ne vais pas trop développer, je suis malhabile avec le smartphone et entre deux transports.
C'est surtout la réponse de mentou qui me fait réagir.
Je vous suis globalement, vous les deux derniers intervenants.
Pourtant je vais essayer de replacer deux ou trois choses qui me gènent.
Les test dont on parle sont une méthode scientifique d'évaluation de l'intelligence. Donc comme tout ce qui est scientifique valable tant qu'on a pas trouvé mieux ou prouvé le contraire de façon scientifique.
Les interprétations que l'on en fait doivent être scientifiques et la premier problème ... sur le net, les interprétations sont rarement scientifiques
Deuxième problème, je suis sûr de pouvoir affirmer, mentou que tu as eu affaire à trois méthodes différentes d'évaluation de ta personnalité
C'est trois méthodes peuvent être corrélées. Tu trouveras sur le net dans les endroits du net qui parlent de façon la plus factuelle possible, ces corrélations.
Ton premier test passe auprès d'un psychologue est reconnu par le corps médical et scientifique. C'est je pense ne pas trop m'avancer un test va-t-elle ( échelle maxi 190 je crois ). Le test " d'Enstein" est une estimation me semble t il a partir d'un test weishler.
Ensuite je ne me souviens plus de l'ordre des autres test dont tu parles. Celui passé a Paris, n'a pas été passé avec un(e) professionnel (e) reconnu, ou dans des conditions non standards.
Celui qui t'attendent 150, semble avoir été passé en conditions standards avec test weishler. Vérifie les échelles va-t-elle et weishler tu devrais y trouver les correspondances et te réconcilier avec la cohérence des chiffres.
Pour ton analyse de l'acceptation de soit même, je suis d'accord avec toi.
Qui plus est, j'ai moi aussi lu sur le sujet et ma conclusion est que ces test, loin d'être une compétition sont au contraire une aide précieuse pour ce connaître et apprendre a s'accepter.
C'est cette idée de compétition qui me désole et me fait souffrir pour ceux qui voient ce chiffre comme un objectif plus que comme une information.
J'espère ne pas avoir été trop confus et si j'ai heurté quelqu'un sachez que devant un vrai clavier je mettrai tout en œuvre pour réparer.
Bien amicalement.

Birigarro.
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Re: WAIS-IV - Suis-je un imposteur ?

Messagepar Birigarro » 09 janv. 2019, 10:32

J'avais préparé un petit texte pour vous faire part de mon humeur badine . Il est ?????? Saleté de smartphone
Bon alors sérieusement mais aussi pour taquiner.
Les huîtres triploides ne sont pas transgeniques.