Open Bar 24/7

Nos bons moments et autres sujets plus légers
capricorne
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Re: Open Bar 24/7

Messagepar capricorne » 28 avr. 2019, 15:07

:fou: << Ô ROULIS, BAR PERISTALTIQUE

- Juste après le BAR-BRAQUE, c'est par là.
Il fait plutôt sombre. Ah ! Je le reconnais, embusqué au fond, derrière un pilier : il se cache derrière une fausse vraie barbe-à-papa et des lunettes sans vair ; et le coup des oreilles pliées sous un chapeau, pas malin pour un Elégrand à Barrioles...
Salut Kmurduson ! C'est bien toi ?
- Affirmatif.
- Alors, qu'as tu à me proposer pour organiser notre coup ?
- Un dresseur de cyclones, une blonde en trottinette, un berliscot à baies bleu mais sans faux col, et un polypathe Kinder anglophone et sans coquille : une équipe de choc, mais ils prennent cher...
- Combien ?
- 100 000 violons
- Pour ce prix là, il en faut un de plus.
- Je peux essayer un Biri-sans-Garro, mais pas sûr qu'il accepte, c'est un fantaisiste qui s'ignore, il est imprévisible et aléatoire ; une pointure quoi...

- Il nous le faut. Tu me recontactes dès que tu l'as localisé...
- Affirmatif. Tu bois quelque chose ?
- C'est pas de refus.
- Glaçon SVP !
- ...
- Ça sera un verre de Valistrum sans benzortes pour moi.
- Pour moi une limonade sans bulbes.
Pourquoi il porte une blouse blanche le Barman ?
- C'est fonction de la commande...

- Bien, plutôt bizarre la clientèle...
L'épongé du rade qui se pochtrone à l'eau de mer, c'est un habitué ?
Et la virgule qui m'a l'air presque raide, là bas, elle boit toujours de l'amidon bitumineux ?
Semble bien intime avec le nain unijambiste perché sur son épaule...
- T'occupe, ici c'est Open, tout le monde peut venir se rincer ; et si tu trouves l'ambiance glauque, va mettre un peu de musique, tu as de la chance, le Juke-box vient juste de tomber en panne !
Du coup, c'est la Carmisole qui prend le relais : tu lui susurres un titre dans l'épithète et elle te l'engourle à sa façon, une vraie pro, fais moi confiance.
N'oublie pas de lui arroser le merlicole, sinon elle chante en grec antique.

- Voilà, pas mal en effet.
Et le déchiré du portrait, qui gesticule en criant « ou est la cabine 48 ? », c'est un habitué ?
- C'est le patron, un authentique Puiseur de sophrones : il galège comme personne, c'est un véritable troubadour de la pensarde atomisée...>> :fou:

C'est juste histoire de garder le contact ;)
Si quelqu'un(e) a envie de (dis)continuer :
Boisson : Amiral
Musique : Polyphonie aztèque
Lieu : improbable
Mot : cacahuète
turmeric
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Re: Open Bar 24/7

Messagepar turmeric » 29 avr. 2019, 13:01

:-?

Je regardais le bar, il y avait quelque chose de bizarre, comme si quelqu'un était venu et avait refait la décoration. Etrange ! Amusant ! J'entrais pour y voir plus clair, mais je glissais alors sur une cacahuète posée juste là, sous mon pied. Une si petite mais maline cacahuète, enfin c'était peut-être une pistache ou une noix de cajou, il n'en reste plus grand chose. Je pouvais goûter mais c'était un peu pas propre. Surtout qu'il fallait d'abord que je finisse ma glissade, car on glisse dans une glissade.

Pris au dépourvu, je glissais comme dans un gag, lisant le journal tellement la glissade glissée. A la fin, je m'aplatissais contre un mur, appréciant du coin de l'oeil et de ma pommette le nouveau papier peint. Excellent choix me disais-je, un peu abasourdi comme si j'allai tomber au sol. J'avais de la chance, on me retint alors, mais penchant la tête, je la voyais, sa tête blonde. Elle me laissa alors tomber au sol, en me parlant, elle me montrait des choses. Elle portait un costume de Sherlock Holmes et une fausse moustache, et elle déambulait partout.

Je lui demandais alors si tout allait bien ? Mais elle était trop occupée dans son délire. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander si c'était encore moi-même qui me parlait, ou si je ne comprenais rien. J'étudiais les lieux, je notais leurs détails, leurs messages. Je regardais la cacahuète disposée un peu partout, au gré de ma glissade. Mais le vacarme de cette personne dérangée me perturbait, comme si elle représentait une partie de moi avec laquelle je ne pouvais pas aller plus loin. Comment comprendre ces mots ? Pourquoi était-ce inconcevable ? Je ne pouvais pas établir de liens concrets, et elle semblait ne faire que ça, sans se soucier du poids des choses. J'arrêtais alors de réfléchir, et je la suivis, comme si je comprenais tout ce qu'elle me disait.

- Non mais tu vois ici, la lampe est tournée vers la droite. Or comme on est dans un bar, et que les lampadaires dehors sont blancs, ça ne peut signifique que deux choses et demi. Mais tu vois, si je prends la table là, ici, et là, comme là, je ne la prends pas par ici. Tu notes ?
- Oui oui
- Maintenant, regardes. Là, ici, ce tableau est rond, pas carré. Il a des bords taillés. Mais que représente-t-il ?
- Un paysage ?
- Non. C'est un Luderzini.
- Et alors ?
- Tu n'as rien écouté ? Qu'est ce que je t'ai dit ?
- ...
- Avant ça
- Avant quoi ?
- Les deux chaises jumelles du New Neustick.
- ...
- A quoi ça sert si tu ne me dis pas que tu n'écoutes pas ?
- ...
- Tu le fais exprès, tu aimes être mystérieux !
- Bof, j'attendais juste que tu finisses.
- Tu es blond ou quoi ?
- ...
- Je te laisse résoudre tes problèmes.
- D'accord, merci.
- Offres-moi à boire !
- Tu peux pas te servir ?
- T'es trop perso, tra !
- ...

Je restais là, seul avec mes perspectives, incapable de tirer tout ça au clair. Le jukebox jouait quelques mélodies qui me faisaient oublier tout ça. Mais je ne voulais pas oublier, je voulais comprendre. On ne peut pas vraiment oublier ce qu'on ne comprend pas. Mais parfois, certaines choses ne méritent pas d'être comprises. Mais c'était trop numineux pour être ignoré. Certaines choses méritent d'être intégrées, même si on peut rester ignorant de leur intégrités à jamais. Je repensais alors à ce m'avait dit cette femme avant de disparaitre. Aime-je être mystérieux ? Est-ce que le mystère est une chose introvertie, ou une chose extravertie ? Le mystère peut nous attirer, mais ce qu'il recèle peut être mauvais. Comment se protéger d'une telle chose ? Faut-il craindre le mystère, ou l'embrasser ? Peut-on ignorer le mystère ? Pourquoi créer du mystère ? Je suis mystérieux ? Nous sommes tous mystérieusement nous-mêmes. Mon mystère, c'est mon Mister. Le mystère a le droit d'exister ou d'être défendu j'imagine.

Alors que je divaguais, je me demandais quel mystère était ici, quel mystère avait pu pousser mon intuition à me quitter, promptement. Pourquoi est-ce que je ne peux pas comprendre ? Pourquoi tout est non dit mais visible ? Si le mystère me protège, alors le mystère protège probablement aussi ces choses. Mais de quoi ? Et pourquoi ? Est-ce que je me protège pour profiter ? Est-ce que mon mystère veut signifier quelque chose ? Mon mystère est là de sa propre volonté, de son propre chef, comme les nuages se forment. Mais ils ne sont pas vivants, tout comme mon mystère. Mon mystère est comme la Terre. Mais quels sont ces mystères autour de moi ? Pourquoi ces mystères me regardent ? Pourquoi est ce que je regarde ces mystères ? Je sentais le poids du bar sur moi, le poids du monde comme une question universelle. J'avais froid, et je remarquais le son d'une porte claquer au 1er étage. Il faisait si froid, tellement que je me sentais obligé de monter fermer cette porte. Ce mystère était simple à résoudre, même si je ne savais pas ce qu'il pouvait vraiment y avoir. En haut, il y avait la blonde, mon intuition, cette idiote et lâche alcoolique. Elle m'attendait comme si j'étais en retard, baissant ses lunettes pour me croiser du regard. Elle me demandait si j'avais apprécier le moment, haussant les épaules comme je sais si bien le faire. J'avançais vers ce que ma pensée seule pouvait me guider tel un figurant dans un scénario inconnu. De la neige semblait sortir d'une porte, il y avait donc des chambres dans ce bar ? Je me dirigeai vers la porte, n'écoutant pas ce qu'elle me racontait, comme pour la punir de m'avoir laissé comme ça. Mais je savais déjà ce qu'elle me disait, alors j'ouvris la porte où le vent soufflait de plus belle. Il n'y a pas moyen de la fermer, elle semblait comme sabotée. Il y avait comme une musique halloweenesque qui sortait du fond de la salle, où une fenêtre brisée donnée vers une contrée blizzardeuse. Je notais alors un genre de paillasson où des mots grecs étaient écrits. "Bienvenue", "fantôme", "mystère" ? Ne connaissant pas le grec, j'entrais frigorifié, notant les détails des lieux, mais essayant de percevoir l'extérieur. La blonde me retint alors dans mon élan, comme si j'oubliais quelque chose.

- Quoi ?
- Prends ça !
- Qu'est ce que c'est ?
- Un hydroscope.
- Ah ok merci, je me disais bien que j'oubliais le plus important.
- Je savais que tu allais dire ça.
- Vraiment ?
- Oui, et aussi ce que tu vas dire ensuite.
- Tu me le diras en chemin.
- Tiens, c'est bizarre ...
- Pourquoi tu ne me dis pas pourquoi tu me ralentis ?
- C'est pas amusant sinon.
- Non, mais tu es moi non ?
- J'crois pas non.
- ...
- Tu écoutes quand je te parle ?
- Je pourrais te poser la même question.
- Pourquoi tu fais n'importe quoi ? Tu sais même pas ce qu'est un hydroscope !
- Parce que ça existe ?
- ...
- Ah tu ne savais pas que j'allais dire ça ?
- Tu es fatiguant, j'ai pas envie de t'aider.
- Misère ...

Je passais la fenêtre en réfléchissant à ce qu'elle venait de me dire, mais cela m'énervait. Elle ne pouvait pas être plus claire ? Je ne peux pas cogiter sur des mystères, je suis juste ce que l'intuition, ou la réalité, me propose vraiment. Je n'ai pas peur de faire erreur, je n'ai pas peur de subir. Je ne suis pas pour autant téméraire, je suis juste réaliste. Parfois, les choses sont des sophismes. Attirer est une chose naturelle, ce n'est pas artificiel. Même sans mon intuition, j'ai toujours de l'intuition. Ainsi je dissocie le naturel de l'artifice. Mais parfois non. Etait-ce une de ces fois là ? Qu'est ce que le scénario avait à offrir ? Je voyais alors la blonde me tendre un sachet de thé, en plein blizzard, tout en me dépassant pour me montrer la voie. Il ne manque qu'un thé à la misère pour paraitre un mystère, j'enfilais alors le sachet autour de mon poignet et j'avançais dans ce désert hostile mené par celle qui pouvait aussi bien être ma seule chance que toute ma malchance. Elle était mon sachet de thé.

mot : thé
turmeric
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Re: Open Bar 24/7

Messagepar turmeric » 09 mai 2019, 04:18

Das Tee ist natürlich !

Il n'y avait pas musique où je me trouvais, seul le vent hurlait. Pourquoi la suivais-je ? Elle avait l'air de savoir où elle allait, et puis il n'y avait rien de mieux à faire ... alors je bravais la glace mais le brouillard était terrible. Où va-t-on ? Qu'est ce que je fais ici ? Il n'y a que de la neige, du vent, un monde inconnu ... soudain nous nous sommes arrêtés, au milieu de nulle part. Je me frottais car il faisait vraiment froid, peut-être -10°C mais le blizzard rendait les choses pires encore. Elle m'expliqua alors que le brouillard autour de nous n'était pas du brouillard, je compris alors ce qu'elle signifiait : ce sont des gens. Je retins alors ma respiration un instant, la voyant remuer la tête d'un air moqueur.

- Quoi ?
- Tu peux respirer tu sais.
- D'accord ... tu n'as pas froid ?
- Je suis pas réelle.
- Tu n'existes pas ?
- Si je n'existais pas, je ne serai pas là.
- Pourquoi on s'arrête, où on va ?
- C'est maintenant que tu t'en préoccupes ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Je ne sais pas, ça m'amuse faut croire.
- ...
- Tu es passé le premier hein.
- Oui ... bon, on y va ?
- Minute.
- J'ai froid ... !
- Ouais je sais, mais attends.
- Pourquoi ?
- Tu veux pas arrêter de me casser les pieds ?
- ...
- Prends ton hydroscope.
- ...
- Merci qui ?
- ...
- Merci Tina !
- ... hey mais ça marche ?! Euh bonjour !
- C'est pas parce que tu les vois que tu peux leur parler, tu m'as entendu parlé ?
- Euh, non ...
- Viens, suis le.
- C'est ...
- Oui, c'est un "homme".
- Ok, mais on va où ?

Nous avancions, et je regardais tout autour de moi. Je pouvais noter des choses qui ne m'étaient pas étrangères, des sortes de symboles, comme des caractères. Evidemment, ces êtres, tels des fantômes volaient dans tous les sens. Ils prennaient bien soin de nous éviter, mais ils allaient et venaient de partout, invisibles mais bien réels, ou existants. Je ne savais pas trop, mais j'avais une impression de déjà vu. Ils étaient tous griffonés de symboles, comme si on les avait recouvert de caractères exotiques. Ils étaient assez grands pour être visibles mais indéchiffrables. Malgré cela, ce n'était pas comme lire du chinois, mais comme les grilles de mots croisés où on entoure les lettres. C'était surtout visible sur celui que nous suivions. Tout était noir et blanc, mais la froideur était moins intense avec l'hydroscope, comme si de me sentir entouré anesthésiait mon corps. Mais le brouillard n'était plus, il neigeait toujours bel et bien, et nous étions dans une sorte de vallée. Au loin, il y avait une sorte de grotte, une immense cavité qui semblait s'enfoncer dans la roche noire et blanche. Plus nous nous en rapprochions, plus elle semblait s'éloigner, c'était suréaliste. Elle rétrécissait, rétrécissait, rétrécissait ... une fois devant, nous avions juste la place d'y tenir. De la chaleur semblait en provenir, et malgré qu'il fallut ramper sur plusieurs mètres, une fois dedans, il faisait une chaleur étouffante.

- On peut pas faire une pause ? Je me sens un peu ... il fait chaud ici, c'est géothermique ?
- Non, c'est isothermique.
- ...
- Mais oui, hey ça va ?
- Pas trop ...
- Ce n'est plus très loin.
- D'accord, mais ... c'est quoi ici ? Pourquoi on est là ?
- Tu ne te souviens pas ?
- S'il te plait, tu ne peux pas juste me répondre ?
- Je ne peux pas te le dire, mais tu le sauras bientôt.
- ...
- Tu te souviens de ce fantôme que tu dessinais ?
- Euh, oui ?
- Elle est ici.
- Hein ?
- Tu comprends pourquoi ça sert à rien que je te réponde ?
- Oui et non, j'apprécie le geste en tout cas.
- Tu es si positif.
- ...
- Ca va je déconne.
- Il va faire chaud là bas ?
- Enlèves un truc, ou deux.
- Mais je suis en t-shirt ...
- On y va ?

Je ne comprenais pas tout, je réfléchissais à ce fantôme que je dessinais. Qu'est ce qu'elle voulait dire par "elle est ici" ? Je n'arrivais pas vraiment à cerner ce que je devais comprendre, cela m'échappait malgré que je saisissais tous les mots de sa phrase. Je n'arrivais pas à analyser une telle chose, une telle idée, une telle énoncée si subjective et irrationnelle. Puis, au bout d'une dizaine de minutes à avancer dans les galeries parsemées de bougies lugubres, nous arrivions enfin à destination. C'était un genre de cul de sac, jonché de dizaines et de dizaines de chandelles, coulantes sur les parois comme des stalagtites. J'entrepris alors de remettre mon hydroscope dans mon nez, comme elle me l'avait indiqué. C'est alors que je la vis, en chair et en os, enfin, plutôt en drap flottant, avec un petit noeud sur la tête. C'était choquant de me retrouver nez à nez avec un dessin sorti de mon imagination, plus réel que je ne l'étais. Elle me parlait mais je n'entends rien, la bouche en bec, à son habitude. Je ne savais pas trop quoi faire ou où me mettre, je demandais alors ce qu'elle disait, et mon intuition fit la traduction pour moi.

- Tu as vu ma tronche ? Tu pouvais pas t'appliquer un peu plus ?
- C'est elle qui dit ça ?
- ...
- Non, sérieusement.
- Je te signale que je lis dans tes pensées hein.
- Ah ... oui, j'avais oublié.
- Menteur.
- Elle dit quoi là ?
- Que tu lui manques.
- Vraiment ?
- Non, elle dit que je suis belle.
- ...
- J'y peux rien.
- Mais pourquoi tu voulais me la présenter ? Je ne peux même pas parler avec.
- Si tu peux, tu veux lui dire quoi ?
- Je ne sais pas, c'est étrange comme situation. Pourquoi elle est ici ?
- Tu l'as crée, où voulais tu qu'elle aille ?
- Euh, depuis quand ce qu'on dessine se matérialise ?
- Depuis toujours, mais tu n'es pas sensé le savoir. Ne le répètes pas.
- Si tu le dis. Et bien, je suis content de la rencontrer ... elle se plait ici ?
- Pas tellement, mais ça va.
- Et ... elle .. elle fait quoi ici en fait ?
- Elle dit qu'elle attend.
- Quoi ?
- Que tu décides de l'appeler à nouveau.
- ...
- Ca va ?
- Je ne sais pas trop, tu es en train de me dire qu'elle reste là parce que je l'ai crée ... désolé il fait trop chaud, je vais m'assoir un peu.

Il y avait trop d'informations en même temps, et l'étuve était vraiment insoutenable. Maudite chaleur. Je sentis alors mon corps souffrir, m'abandonner, et je m'évanouis alors, cognant le sol sans retenue. Lorsque je me réveillais, je ne savais plus qui j'étais. Tout allait si vite et si lentement, j'entendais une voix dans ma tête, la mienne, elle réfléchissait, elle se parlait, elle me parlait, je vis alors un visage s'approcher de moi, me tenir le bras. J'entendais alors dans ma tête cette voix qui était la mienne sans que je lui ai demandé d'agir ou de se manifester. Elle disait qu'elle ne se souvenait plus, qu'elle n'arrivait plus à se souvenir, que cette fois ci était peut-être la dernière. Puis, d'un coup, tout repris son cours, comme une locomotive retrouvant les rails, j'étais moi à nouveau et je sentais une sueur froide me tapisser. C'est le bar ? Je suis dans le bar ? Tina est là, ai-je rêvé ? Alors que je me touchais la tête, je vis à mon poignet le sachet de thé preuve que je n'avais pas rêvé. Elle s'assit alors à la table en me demandant si j'allai bien. Je lui parlais alors de cette expérience, de ce vécu que je venais de vivre, je rangeais ce qui était comme tombé lors de la secousse. Mais lorsqu'elle me dit que j'avais été inconscient plusieurs heures, je ne l'ai pas cru. Seulement, alors que j'intégrais alors tout juste la réalité, une autre personne s'assit à côté d'elle. C'était son double parfait, il n'y avait maintenant plus une blonde, mais deux. C'est alors que je me souvins alors de qui était cette personne, enfin la seconde. Le problème était : qui est qui ? Heureusement, l'originale est tellement originale qu'on ne pouvait pas se tromper bien longtemps. Mais c'était étrange de la rencontrer dans de telles circonstances. Encore un peu chamboulé par toutes ces émotions, je lâchais innocemment qu'il ne manquait plus qu'une personne à la table, une personne que nous connaissions tous les trois, cheveux longs et noirs, visage coincé entre le rire et la moue. Et je compris au rire de la plus blonde des deux que je n'étais pas au bout de mes surprises.

mot : baygon