Conférence : Que se passe t-il dans le cerveau de nos enfants à haut potentiels ?

Ressources sous la forme de fichiers Vidéo et/ou Audio
dreamer
Messages : 267
Enregistré le : 08 févr. 2012, 20:57

Conférence : Que se passe t-il dans le cerveau de nos enfants à haut potentiels ?

Messagepar dreamer » 17 mai 2016, 23:06

Comme promis lors de la dernière réunion Gappesm, je poste ici les infos sur une étude intéressante qui se fait à Lyon sur une centaine d'enfants à haut potentiel.
Je pense que cela intéresse aussi les adultes

Pour en savoir plus sur cette étude, vous pouvez allez voir ici
http://sciencespourtous.univ-lyon1.fr/l ... different/

Cette étude touche à sa fin, et il y a quelques semaines, il y a eu une conférence à l'occasion de la semaine du cerveau.
Vous pouvez écouter l'audio ici
https://www.bm-lyon.fr/spip.php?page=video&id_video=874
Cette conférence dure 108'
Si vous voulez avoir une idée du contenu, je met ma prise de note ci-dessous

Bonne ecoute, ou bonne lecture pour les moins courageux! ;-)

Dreamer

____________________________________________________________________________________________________________________

Que se passe t-il dans le cerveau de nos enfants à haut potentiels ?

Conférence du 17 Mars 2016 à Lyon à l'occasion de la semaine du cerveau.


Pourquoi une étude ? Point commun aux trois intervenants : essayer de comprendre ce qu'il se passe dans le cerveau des enfants à haut potentiel.

Première partie : Elève à haut potentiel : pourquoi sont-il en difficulté ? Paradoxe du haut potentiel 6'30'' :
Olivier Revol : Neuropsychiatre à l'hopital neurologique de Lyon
Reportage à Aubenas il y a 10 ans
Ils n'enregistrent pas tout mais comprennent du premier coup
Ils apprennent vite mais survolent les matière et n'acquièrent donc aucune méthode de travail
Ils ont le même cerveau que tout le monde mais ils l'utilisent différemment
Sur une IRM, les mêmes zones sont activées de façon beaucoup plus forte pour une personne de QI>130
Les précoces se fatiguent donc plus vite et décrochent lorsqu'il s'agit de se concentrer plus longtemps
Aubenas : un cycle scolaire en trois ans au lieu de quatre et des copains qui ont connu les mêmes galères
Depuis, les choses ont évolué

9'30 : Les difficultés affectives
Ambre encore aujourd'hui, il est difficile pour moi de communiquer avec quelqu'un que je ne connais pas
Ce n'est pas parce que le vilain petit canard est devenu cygne qu'il a oublie sa vie de petit canard.

Il y en a qui peuvent echouer à l'école (environ 1/3)
Il n'ont pas tous les mêmes stratégies pour apprendre.
Le haut potentiel masque le reste (dyslexie ou trouble d'attention par exemple). On est passé a coté et cela donne des enfant qui doutent d'eux même
Les filles en particulier masquent toutes les différences.
On a trop d'adolescents ou d'adultes qui sont des sous-réalisateurs
Quelques exemples typiques
Stratégies : par exemple apprendre la poésie pendant que les autres la récitent (pour quelqu'un parmi les dernier lors du passage dans l'ordre alphabétique).
Ce n'est pas le contenu du cours qui ne les intéresse pas, c'est la façon dont ils apprennent.
Hugo dyspraxique, 8ans : A votre age docteur, vous vous en servez souvent du compas ?
L'école, c'est trop facile et trop dur à la fois
13'40'' Ce sont des enfants qui ne sont ni mieux ni moins bien que les autres, ce sont des enfants qui sont différents
On aimerait bien que tout le monde soit persuadé qu'on ne peut pas tous apprendre les mêmes choses de la même façon.

La définition, il y a trois caractéristiques :

Ils ont un QI > 130 mais il n'y a pas que cela qui nous intéresse
Ce sont des enfants qui ont envie de se débrouiller tout seul. Ils veulent contrôler et maîtriser les choses
On ne parle plus d'EIP (enfant intellectuellement précoce), on parle de HP, car les autres ne les rattrapent jamais
HP aussi comme Harry Potter, qui s'ennuyait chez les moldus et qui a fait un long chemin avant d'arriver à Poudlard
La majorité des enfants précoces vont bien, et notre mission est de repérer le plus vite possible leur forces et leurs faiblesses
Les forces :
Ils fixent le regard très tôt
Le tonus est bon, ils tiennent bien leur tête
Ils pointent très vite ce qu'ils veulent
Ils marchent correctement plus tôt que les autres (pas ou peu de 4 pattes)
Ils ont un langage oral correct plus tôt que les autres (pas ou peu de parler bébé)
Ils sont curieux de tout, ils ont plein d'humour, plein d'empathie, ils sont très loyaux, très sensible. Ils ont une vision amplifiée des choses, comme a travers un microscope. Tout est exacerbé, tout est en décalage, tout est excessif. On a besoin de combler chaque vide
Extrait des « tribulation du petit zèbre » : je suis doué d'une sensibilité absurde. Ce qui juste érafle les autres, moi cela me déchire.
Un des buts du thérapeute est de leur apprendre à se constituer une carapace pour se protéger, qu'il peuvent enlever quand ils veulent

19'00'' Les faiblesses plutot liées à leur décalage

Un enfant à haut potentiel reste un enfant : il a besoin de cadre et de limites, même s'ils ont les moyens d'argumenter, même s'ils veulent tout savoir, il faut les limiter
A l'école, c'est souvent en 6è 5è qu'ils ont victimes des autres, et ils finissent par croire que c'est normal. Il faut leur dire que c'est inadmissible. En pratique on fait des groupes d'affirmation de soi pour les enfants haut potentiel.
Même quand c'est très compliqué, il y a moyen de trouver la résilience pour ces enfants la, et même plus pour ces enfants la car ils ont la compétence pour comprendre comment ils fonctionnent ou ils dysfonctionnent
Décalage entre l'écrit et l'oral:ils n'écrivent pas aussi vite qu'ils pensent
Syndrome de l'imposteur : plus ils sont en décalage, plus il est présent
HP laminaire : bon partout
HP complexe : très bon dans certaines matières et moins bon dans d'autres.
Comment avoir confiance en soi, et comment ils traitent les informations différemment des autres, c'est ce qu'expliquera Dominique
Réponse atypiques : Qu'est ce qu'une vache ? C'est un animal sacré en Inde … Accessoirement ca fabrique du lait
Ecris une phrase négative : Range ta chambre
Ils manquent de méthode car il n'en ont pas besoin pour trouver les réponses. Ils n'aiment pas l'effort et n'arrivent pas a expliquer comment ils font et s'épuisent a chercher l'explication.
C'est pour cela qu'on espère pouvoir faire de la neuroéducation. Les enseignants doivent acquérir la bonne attitude
Ils connaissent la bonne réponse, mais ils partent dans tous les sens et font une réponse inadaptée
Ils y a aussi ceux et surtout celles qui abrasent leut compétence pour ne pas sortir du lot
Puis il y a l'anxiété, et les questions qui tuent avant de s'endormir. Trop de question existentielles ne laisse plus de place pour le reste, et il faut les inciter à faire de la place.
Ça va s'arrêter quand tout cela doc ? On ne peut pas débrancher, cela ne s'arrêtera jamais, L'intelligence sera toujours comme un tsunami, mais par contre, on peut apprendre à surfer sur les vagues
Solutions à l'école
Déscolarisation pas la meilleure formule.
Accélération : sans doute, pour mieux leur apprendre à développer leurs compétences. On fabrique son estimer de soi en réussissant des choses dures
Pour conclure : Haut potentiel à l'école : force ou fragilité ?
Il suffit de comprendre comment ils fonctionnent. Ils adorent être dans le contrôle de soi
On est a la limite entre le handicap et le talent, et c'est à nous de développer les talents. 29'50''

Livre « 100 idées pour aider les enfants à haut potentiel ».

Deuxième Partie : Vision des différentes formes de haut potentiel 29'55''

Fanny Nusbaum: Dirige le centre PSYRENE. Chercheuse en psychologie et neuroscience
Dans la littérature,
Terrassier : les enfants surdoués vu comme des génies, des singes savants
Ensuite enfants HP vu comme ayant des problèmes de comportement inadapté
On s'est rendu compte que certains enfant n'avaient pas ces problèmes, d’où l'idée de distinguer des profils laminaires et des profils complexes
En mécanique des fluide, un flux laminaire et un flux régulier. A l'opposé, le profil complexe est beaucoup plus irrégulier (un peu comme une bouteille d'eau qu'on retourne)
Enfants HP 2,2 à 3%, un enfant par classe et deux garçons pour une fille
37'50'' Le haut potentiel en général
Hypersensibilité chez tous les enfants HP, une rapidité de traitement plus importante pour certains apprentissages, et une rage de maîtriser, cet hypercontrôle (perfectionnisme).
La voie d'expression du haut potentiel peut être très différentes d'une personne à l'autre. Parfois ce sera le raisonnement et c'est ce qu'on verra le plus au travers du test de QI, parfois, ce sera dans le domaine perceptif, et parfois dans l'interaction.
Le haut potentiel à profil complexe est comme un extra terrestre, et pour lui, les autres sont des extra terrestres. Ils ont besoin d'un décodeur pour comprendre le monde.
Quand le complexe s'acoquine avec un laminaire, le laminaire apporte sa structure, et le complexe son coté fun.
On pourrait comparer le complexe à un ouistiti. Il est autant attachant qu'il peut être irritant.
Ils ont souvent un profil hétérogène au QI.
Les profils laminaires sont souvent empathiques, dans le sens ou il perçoivent l’émotion des autres mais ils arrivent à s'en distancier. Pour ce qui est des profils complexe on parle plus de sympathie, car il perçoivent l’émotion des autres, mais n'arrivent pas à prendre de la distance et se laissent gagner par la contagion émotionnelle. L'émotion va même s'amplifier
Les complexes ont plutôt des difficultés avec l'autorité. Il vont provoquer au travers d'idée différentes des autres et peuvent montrer un caractère involontairement subversif.
Ils sont très sujet à la procrastination.
Ils sont souvent dans une pensée inductive et déductive, mais contrairement a ce qu'on pensait au départ, ils sont plutôt dans une logique linéaire.
Ils ont un fonctionnement cérébral principalement à gauche.
Ce sont des interpréteurs, ils voient le monde comme au travers d'un prisme
48'30'' Ils savent automatiser rapidement. Généralement, quand on fait un apprentissage, on fait un effort qui se localise au niveau du préfrontal, et une fois l'apprentissage fait, cela passe dans le pariétal. Les hp complexes vont passer très vite en automatique. Le problème est que les pensées automatiques peuvent être erronées car ils ont compris a peu près, donc les pensées automatiques sont approximatives et souvent pas justes. Quand il y a un souci d'apprentissage, on est obligé de tout déconstruire pour pouvoir reconstruire.
Le laminaire est beaucoup plus calme, il impulse son énergie et ensuite laisse faire. C'est un peu comme un ours. Il va mettre un coup de patte que si nécessaire
Le profil est homogène, l'activité cérébrale aussi, et au niveau des deux hémisphères.
IL acceptent assez bien l'autorité, jusqu'à un certain point. Parfois en fin d'adolescence, ils peuvent avoir un souci identitaire.
Au niveau du travail, on serait plus dans la précrastination, c'est à dire la tendance à s'y mettre en avance.
Au niveau du type de pensée, on serait plus dans une pensée abductive, c'est à dire qui privilégie l'enquête
Au niveau de l'automatisation, on est dans le graduel et le passage du frontal vers le pariétal se fait tranquillement. Mais en cas de problème émotionnel ou conflit cognitif, le laminaire peut perdre ses moyens, et il retourne dans l'effort et le préfrontal pour s'en sortir. Il est en difficulté car il focalise sur le processus au lieu de focaliser sur l'objectif 55'00''

Troisième partie : Résultat des recherches récemment effectuées à Lyon
Dominique Sappey – Marinier CERMEP : centre d'imagerie médicale

Rappels sur l'imagerie cérébrale

Pourquoi l'IRM : elle est non invasive. Les champs magnétiques n'ont pas d'effet et on peut en faire autant qu'on veut, contrairement au petscan ou on injecte un produit radioactif
On peut avoir tous les résultats voulu avec un seul examen. On peut détecter la présence de certains produits chimiques, voir l'anatomie, voir la perfusion du cerveau, ou bien faire de l'IRM fonctionnelle.
Sur l'IRM du cerveau, on voit une partie grise et une partie blanche, et c'est ce qu'on va étudier.
Dans la matière grise on va retrouver le corps des neurones, et la matière blanche sont les axones, les câbles qui relient les neurones entre eux. Les neurones peuvent aussi être reliés par des dendrites (câbles plus courts). La substance blanche est composé d'astrocyte, qui vont transmettre la nourriture aux neurones.
Il y a environ 100 milliards de neurones dans le cerveau, 10000 synapses (jonctions entre neurones).
On a a peu près 1 million de milliard de connexion qui se font continuellement.
La recherche s'est donné comme but de connaître l'ensemble de ce réseau, ce qu'on appelle le connectome
A l'origine, Frantz Gall avait déterminé 27 régions au niveau du crane (27 bosses, y compris la bosse des maths). Un siècle plus tard, M. Braunman, a découpé le cerveau en 52 région (cette fois en observant les cellules), et cette cartographie est toujours utilisée pour connaître les différentes fonctions.
Dans le cerveau on a des zones spécialisées dans certains domaines mais toujours reliées à d'autres régions
Dans l’étude effectuée, on va analyser les IRM d'enfant « normaux », de HP Complexe (Qi hétérogène), et des enfants laminaires. 66'40''. On va observer les régions qui fonctionnent différences de fonctionnement entre les trois groupes d'enfant a l'aide d'un IRM fonctionnelle.
On va également faire une IRM de diffusion pour voir si on note des différences entres les câbles
Dans l'IRM fonctionnelle, on observe l’énergie (sucre) apportée par le réseau sanguin autour des neurones. L'activité des neurones va solliciter les vaisseaux sanguins qui vont se vasodilater et augmenter le signal sur l'IRM
Chez les enfants, on a fait un test de similitude (comme celui qu'on peut retrouver dans un test de QI). Il y a une période de mémorisation de mot, et une période de restitution ou l'enfant doit trouver quel est le mot qui a été rajouté.
Premier résultat
Les enfants laminaires activent deux régions de façon plus importante que les enfants complexes, un région dans le cortex cingulaire supérieur, qui correspond au lien associatif, et une région dans le cortex dorsal antérieur, région du cerveau qui prend les décisions
Au moment de la récupération des informations, on retrouve la région de Vernicke, région qui lit et comprend les mots, et on s’aperçoit aussi que les laminaires activent cette région de façon plus importante que les complexes
71'00'' La cerise sur le gâteau se trouve dans le cortex préfrontal dorso latéral. C'est la région qui nous permet de contrôler nos actions, de contrôler nos émotions, et d'inhiber, et cette région est bien plus actives chez les laminaires que chez les complexes.
Cela permet aux laminaires d'avoir une meilleure concentration et aussi de mieux planifier les événements
Deuxième résultat
A l'aide de l'IRM de diffusion, qui permet d’étudier les câbles qui relient les différentes régions du cerveau.
L'IRM de diffusion permet de suivre le déplacement des molécules d'eau dans le cerveau. Les molécules d'eau vont soit se déplacer à l'intérieur des axones, de façon isotrope, soit à l'extérieur des axones. Plus les molécules se déplaceront de façon ordonnée, plus cela montrera un bonne organisation des axones. On dit que la connectivité se fait mieux. On eut ainsi suivre la direction et le vitesse de déplacement des molécule d'eau. On fait ainsi de la tractographie, c'est a dire qu'on reconstitue tous les réseaux du cerveau. On peut ainsi regarder très finement ce qui se passe dans chaque région du cerveau.
Lorsqu'on compare les complexes au groupe de contrôle
Chez les complexes, le corps calleux, qui relie les deux hémisphères, diffuse bien. Mais on voit surtout que l’hémisphère gauche a une meilleure connectivité.
Chez les laminaires, beaucoup plus de régions sont activées, et ils utilisent mieux les deux hémisphères que les autres groupes, ainsi que la structure centrale qui relie les deux hémisphères
77'21'' Dernière technique : technique des graphes
Les graphes permettent de représenter les grands réseaux
De nouveau, on retrouve que la région la plus activée chez les laminaires par rapport aux complexes, c'est le cortex préfrontal dorso latéral (zone du contrôle et de la planification), avec une technique totalement différente de la première.
On a noté que les complexe avaient une meilleure activation de l'hémisphère gauche, essentiellement dédiée au langage, mais aussi à la mémoire. On pense que ces régions sont plus développées chez les complexes, du à une maturation précoce.
Les personnes qui vont travailler surtout avec leur hémisphère gauche vont essentiellement utiliser une référence interne. Ils ont leur monde intérieur, et à chaque fois qu'il ont des informations de l'extérieur, ils vont les confronter avec leur monde intérieur.
Par contre, les laminaires, qui eux utilisent le gauche et le droit. Le droit est plus lié au visuo spatial.
Il a des informations de l'extérieur. Il a aussi son monde intérieur et il va confronter les deux pour voir si ça colle. Et si cela ne colle pas, il va se poser des questions, alors que le complexe aura tendance a rester sur sa référence intérieure.
C'est pour cela qu'on qualifie les enfants complexe d'interpréteur, et les laminaires plus des adaptateurs, des évaluateurs
Voici donc les premiers résultats, qui permettent de mieux comprendre le comportement de ces enfants. Les enfants complexes peuvent donc travailler sur leur contrôle, leur perfectionnement, la planification, par exemple au PSYRENE. Il y a un certain nombre d'outil qui permettent de renforcer ces fonctions 81'29''

Quatrième partie : Questions diverses
Q1 : qu'est ce que la résilience ?
C'est la capacité à rebondir après un traumatisme

Q2:est ce que les TDAH sont plutot complexes, et ceux qui sont en echec scolaire plutot les complexes aussi ?
Les enfants complexes, en principe, ne sont pas des TDAH.
Les TDAH ont encore une fragilité au niveau du cortex préfrontal.
Les enfants complexes étudiés ne sont pas étiquetés TDAH. Pour schématiser, les complexes ont du mal à résister à la tentation.
Il faudrait comparer les complexes et les TDAH, et on va le faire d'ailleurs.
On peut être complexe et non TDAH et avoir des difficultés d'organisation et de planification.
Par contre, quand on est complexe et TDAH, cela devient encore plus compliqué.
Cette étude nous a aussi aidé à pouvoir émettre un diagnostic différentiel.
Le complexe a son référentiel interne et s'y accroche. Le TDAH ne prend même pas le temps de faire appel à son référentiel interne et est dans l'impulsivité

Q3 : pourquoi quand on est TDAH, on a tant de problème avec la frustration ?
A cause de l'impulsivité. On ne peut pas gérer la possibilité de différer l'obtention de ce qu'on souhaite, et on prend l'eau à cause de cela.
Le haut potentiel TDAH est en partie protégé
Pour plus d'information, se référer à la conférence « la résilience chez l'enfant haut potentiel »
Il y a pleins de facteurs, y compris génétique, mais aussi environnemental (voir théorie de l'attachement)

Q4:y a t-il des outils utilisable aupres des psychologues scolaires et qui permettraient d'identifier les HP laminaires des HP complexes ?
La base, c'est le test de QI, avec des indices homogènes ou hétérogènes.
Ensuite, c'est l'expérience du psy qui permet de faire le distinguo.
Question pertinente, car on entend encore trop de psychologue dire que quelqu'un n'est pas HP car il n'a qu'un indice au dessus de 130. Il y a encore des psychologues qui calculent un QI total alors que c'est interdit s'il y a plus de 15 points de différence. Et c'est aussi interdit de ne pas considérer que c'est un haut potentiel. 89'15''

Q5 : Vos avancées vis à vis du monde de l'enseignement pour l'accueil des enfants à haut potentiel ?
Nous faisons partie d'un groupe académique pour les enfants haut potentiel et nous nous réunissons régulièrement. Nous travaillons ensemble sur les aménagements pédagogiques. Des gens de l’éducation nationale sont missionné pour venir dans nos service neurologique et pour faire le lien avec le monde de l'éducation nationale. Le 7 avril il y a une journée académique sur le haut potentiel, qui est faite à l’hôpital neurologique. Il faut du temps entre le travail de recherche et la prise en compte par les équipes pédagogiques, mais il s'est passé pas mal de choses ces cinq dernières années. On est très optimiste. Sur Lyon, on a crée des liens forts avec l’Éducation nationale et avec les associations.

Q6 : Comorbidité avec l'autisme de haut niveau : y a t-il un profil particulier à ces enfants là?
Les avis sont partagés.
Selon Fanny Nusbaum, le haut potentiel peut se combiner avec d'autres pathologies, de type nevrotique, état limite, et dans le cas d'un état de type psychotique comme l'autisme, la combinaison des deux va donner l'autisme Asperger
Pour Olivier Revol, le haut potentiel est un QI mais c'est aussi de l'empathie. Je cotoie les asperger et ils sont touchants, mais ils considerent les autres haut potentiel comme des neurotypiques. J'aurais tendance à ne pas les inclure dans ma définition personnelle du haut potentiel, mais cela reste un point de vue qui est susceptible d'évoluer. La différence, c'est par exemple qu'un asperger ne sait pas comment il faut faire pour sociabiliser, alors que le haut potentiel sait, mais il ne veut pas s'y plier.

Q7 : Il me semble que tout le monde est haut potentiel. Est-ce que vous avec fait des rapprochements statistiques entres les niveaux sociaux des différents enfants HP ?
Je vois deux direction à cette définition : une positive, qui permet d'étudier le cerveau et les conséquences éducatives et cognitives, mais une qui est extrêmement ambigu, qui a été brièvement évoqué tout à l'heure, c'est à dire l'élitisme. J'ai été frappé par la certitude que ces enfants avaient de leur HP. Or vous les contacter entre 8 et 12 ans. Est ce que tout n'est pas joué ? Est ce que vous n'êtes pas sur une base malheureusement très restrictive ? Le concept est interessant, la pratique est passionnante, mais l'idéologie derrière est ambigu. 98'23''

Je ne comprends pas vraiment la question.
Il y a des statistiques et il y a des HP dans tous les niveaux sociaux.
On est avec le haut potentiel dans l'epigénèse, et pas seulement dans le génétique, mais il y a du génétique. Le bébé quand il sort de la couveuse et qu'il fixe, les parents ne sont pas encore intervenu. La génétique offre un terrain propice au haut potentiel, et l'épigénèse, c'est qu'est ce que l'environnement a fait de ce terrain. Et c'est tellement plus intéressant de voir ce qu'il se passe dans l'asperger, l'anxiété, le TDAH quand on voit un terrain, et ce que l'environnement a fait de ce terrain, soit pour le stimuler, soit pour l'inhiber. On peut faire une analogie avec le livre. La génétique, c'est ce qu'il y a d'écrit dans le livre, et l'environnement, c'est ce qu'on fait de cette lecture. On peut aimer ou ne pas aimer ce livre.
Tous les enfants ne sont pas haut potentiel, mais pour ceux qui le sont, il y a une part génétique, et un environnement qui a su les stimuler. Dans un environnement multilinguiste, ou l'enfant n'est pas stimulé et les parent s'entre déchirent, il y a bien moins de haut potentiel.
On peut aussi optimiser les compétence de l'enfant si on ne brise pas son élan par manque de stimulation. Un gamin a haut potentiel qui est dans un milieu sécurisant a plus de chance d'utiliser ses compétences.
Q7 bis : chez ces enfants, il y a un certain narcissisme
Oui, pas tous. Ceux qu'on voit sont ceux qui sont en difficulté, et on a plutôt le syndrome de l'imposteur. Il n'y a pas que des complexes, il y a aussi des laminaires qui viennent nous voir pour des troubles anxieux ou autres.
Il faut aussi bien distinguer l'estime de soi (penser qu'on est valable) de la confiance en soi (capacité à s'imposer au monde). Chez les complexes, on a plutôt une confiance en soi forte, du au fait qu'il ont du jouer des coudes pour s'imposer, et au contraire une estime de soi très très faible.

Q8 : Est-ce que justement les filles ne sont pas moins nombreuse à être détectées justement car l'environnement social les pousse à « s'écraser » ?

C'est exactement cela.
Les filles font « genre » elle sont comme les autres.
On note souvent que les filles on des TOC
Fanny Nusbaum : par exemple, quand je suis angoissé, je me récite un poème, et après ça va mieux.

Q9 : vous avez basé votre présentation sur la distinction laminaire – complexe. Est ce que les résultats d'imagerie montre une distinction nette ?
On a fait le choix de poser une seule question et essayer d'y répondre.
La clinique montre qu'il y a des différences entre les enfants haut potentiel avec deux groupes qu'on a qualifié de laminaire et complexe. On a fait le choix de les distinguer au travers du test de QI, et a partir de ces résultats, on a fait nos examens. On a éliminé pas mal de cas pour essayer d'avoir des population « pures ».
On s'intéresse aussi aux populations a problématique spécifique. On va aussi travailler sur d'autre thématiques, comme celle des dys. Il y a la journé des dys, qui sera le 8 octobre, et on fera des conférences sur ce thème, sur les enfants avec des besoins spécifiques.