GAPPESM
Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Surefficience Mentale

Sophie-Christine Audibert : Tutorat et enfants intellectuellement précoces

Sophie-Christine Audibert
LACES - ERCEEF - DEFP.
Université Victor Segalen Bordeaux II

Les documents sont en version Pdf


La verbalisation dans les processus d'apprentissage en mathématiques chez les enfants intellectuellement précoces.

Colloque IUFM Nord-Picardie 2004.

Le manque de capacités d’explicitation et les carences procédurales sont des difficultés récurrentes que décrivent les enseignants en mathématiques qui accompagnent des enfants intellectuellement précoces.Le tutorat entre pairs eip[1]  et nip[2] permet la prise en charge de leurs spécificités et leur participation à leurs propres apprentissages. L’évolution de leur démarche d’explicitation dans le cadre de sessions tutorales entre pairs est l’élément moteur d’une recherche en cours dont nous présentons ici les résultats provisoires.


Hétérogénéité et tutorat entre pairs : Une possibilité pour les élèves intellectuellement précoces en difficultés en mathématiques de bénéficier de l'hétérogénéité de leur classe ?

Congrès AECSE 2005. (Association des Enseignants Chercheurs en Sciences de l'Éducation).

Si certains eip [3] ne rencontrent aucuune difficulté importante, d’autres sont dans des situations scolaires périlleuses en termes de résultats et/ou de relations sociales. Souvent, les élèves ip intégrés dans ces structures ont connu jusque là des parcours très variés. Certains sont dans la classe de leur âge sans difficulté particulière et suivent le parcours institutionnalisé. D’autres ont une ou deux années de retard et de sérieuses difficultés scolaires et/ou relationnelles. D’autres encore ont une ou deux années d’avance sans difficulté ou avec des difficultés scolaires et/ou relationnelles car ils sont alors plus jeunes que les autres élèves dont certains accusent parfois une ou deux années de retard. Pour pallier ces situations, certains collèges ont créé des structures plus attentives qui se traduisent par des classes spécifiques ou des classes mixtes à pédagogie différenciée. Le tutorat entre pairs est une des pratiques pédagogiques utilisées. Le but de cette recherche est donc d’étudier les effets de cette méthode déjà ancienne, le tutorat entre pairs, comme moyen d’assistance à ces élèves ip lorsqu’ils rencontrent des difficultés en mathématiques en classe de 4ème (Audibert, 2003). Cette classe de 4ème a été choisie en raison de son importance dans le processus d’orientation.



L'effet tuteur chez les enfants intellectuellement précoces lors d'apprentissages mathématiques en classe de quatrième.

Revue Alfred Binet 2005.

De même que l’enfant handicapé, l’enfant « étiqueté » eip est reconnu différent. Le postulat de départ de cette recherche repose sur une transposition des résultats obtenus avec les enfants handicapés. Comme le précise Barnier (1994, p 59) : « Le tutorat entre pairs recèle un réel intérêt pédagogique car il permet de prêter une attention différenciée aux élèves qui présentent des besoins plus individualisés en ce qui concerne l’acquisition des connaissances ».
La présente recherche rend compte d’un protocole de tutorat entre pairs ip et non intellectuellement précoces (nip) dans des tâches mathématiques dans deux classes de quatrième. Le but est de trouver, pour les eip, un moyen de surmonter des difficultés récurrentes décrites par leurs enseignants.



Le tutorat entre pairs : Un accompagnement au bénéfice des élèves tuteurs intellectuellement précoces

Revue Esquisse n° 39-40, Fév-Mars 2005, 13-18.  (IUFM Aquitaine).

« La plupart des problèmes que les enfants surdoués doivent assumer dépendent, pour l’essentiel, d’un contexte socio-pédagogique inadapté. Cette inadaptation de l’environnement va demander un effort considérable à l’enfant surdoué, lequel, d’autre part, doit également résoudre tous les problèmes auxquels chaque enfant est confronté » (Terrassier 2000, p40).
Au-delà de la reconnaissance des spécificités liées à leur précocité intellectuelle, les élèves intellectuellement précoces [1] en difficultés scolaires ou sociales nécessitent souvent un accompagnement à un moment de leur scolarité. Le seul accompagnement thérapeutique usuellement dévolu aux psychologues, s’il est indispensable à la prise en charge de la dyssynchronie [2] et de ses conséquences (Terrassier, 2000, p28), se révèle insuffisant lorsque les résultats scolaires ou l’intégration scolaire sont en jeu. Le tutorat entre pairs, parce qu’il favorise les interactions entre élèves dont les niveaux de compétences sont différents, peut être une pratique d’accompagnement pour ces élèves en décalage. Plusieurs programmes américains ont connus le succès en leur temps. Notre recherche tente de mettre à jour les mécanismes en jeu pour des eip placés en position de tuteurs en mathématiques en classe de quatrième.

 

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[1] Enfants intellectuellement précoces. Les enfants intellectuellement précoces qui entrent dans l’échantillon de ce protocole ont tous été testés par le WISC III. La limite inférieure 130 de quotient intellectuel retenue est celle instituée par le rapport Delaubier, MNE, février 2002.

[2] Enfants non intellectuellement précoces.

[3] Enfants intellectuellement précoces.Les eip dont il est question dans cette recherche présentent un Quotient Intellectuel supérieur ou égal à 130 après étalonnage par le test WISC III conformément aux directives du rapport Delaubier (MEN 2002).

[4] Dyssynchronie : développement hétérogène spécifique aux eip.