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Groupement Associatif Pour les Personnes Encombrées de Surefficience Mentale

Tests et échelles de QI : WAIS, WISC, Binet, Cattell, K.ABC, matrices de Raven…

Mon test n'est pas une machine qui donne notre poids imprimé sur un ticket comme une bascule. Alfred Binet

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Les tests de QI les plus connus

Le WAIS et le WAIS-R

Le WAIS s'adresse aux adultes.

En 1939, David Wechsler, psychologue américain, publia une batterie de tests à l'intention des adultes afin de mesurer leur intelligence. Wechsler inventa un mode de calcul par tranche d'âge jusqu'à 59 ans permettant de transformer les scores obtenus en une seule note dont la référence était fixée à 100 comme pour le QI. Il modifie le traitement statistique des tests afin d'avoir des résultats non plus en âge mental, ni en QI, mais en rang par rapport à une population, l'individu étant comparé non plus à des personnes d'âges différents mais à la population de son âge (cf. courbe). La moyenne est à 100 et la déviation standard à 15 ; 50 % des individus obtiennent un QI entre 90 et 110.
Le WAIS est l'échelle d'intelligence pour adultes de Wechsler ( avec celui de Stanford-Binet, l'un des types de tests les plus connus ). Il a été standardisé en 1954.

Quant au WAIS-R, il s'agit tout simplement de la version révisée de ce dernier; sa standardisation date elle de 1978.

Le test est divisé en 2 groupes de subtests, permettant d'obtenir une mesure de QI verbal ( culturel ) et de QI de performance ( aculturel ).

La passation d'un tel test permettrait une analyse plus fine du type d'intelligence de la personne évaluée.

Maintenant, il existe le WAIS III, appliqué depuis 2000. Les recherches actuelles suggèrant que le fonctionnement cognitif ne se limite pas à ce qui est mesuré par le QI Verbal et le QI de Performance, la WAIS-III inclut des indices plus spécifiques : Compréhension Verbale, Organisation Perceptive, Vitesse de Traitement et Mémoire de Travail. L'ensemble des modifications apportées à la WAIS-III en ferait un test mieux adapté à l'évaluation des personnes âgées et des sujets souffrant de troubles cognitifs.

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Le WISC

Le WISC est utilisé entre 6 ans et 16 ans et 9 mois. ( Le WPPSI-R concerne les enfants de 2 ans et 11 mois à 7 ans et 3 mois )

Le WISC (Weschler Intelligence Scale for Children) est l'échelle d'intelligence pour enfants de Wechsler. Il comporte

Par exemple, il est important dans le cas d'un enfant précoce de connaître l'écart obtenu pour les parties verbale et performance du test. C'est souvent l'occasion de constater ou d'expliquer les phénomènes de dyssynchronie éventuels. Plus l'écart sera grand au profit du verbal, plus le risque de problèmes de motricité seront importants, par exemple.

Les résultats obtenus par l'enfant aux différents sous-tests sont additionnés, et on calcule le QI en voyant où le total obtenu se situe sur la courbe de distribution des scores WISC pour l'âge correspondant. Cette courbe de distribution, essentielle à la détermination du QI, correspond simplement au résultat empirique obtenu lorsque le test a été standardisé. Par convention, la moyenne obtenue par chaque tranche d'âge de l'échantillon standardisé correspond à un score au QI de 100. De nouveau par convention, la déviation standard par rapport à cet échantillon équivaut à 15 points de QI de différence. Pour un bon échantillonnage et une distribution normale, cela signifie que les 2/3 environ de la population d'une classe d'âge ont un QI compris entre 85 et 115.

Le QI reflète alors une position relative d'un individu par rapport à sa classe d'âge, et non un résultat isolé. Dans le WISC, le score moyen d'un enfant de 9 ans est plus élevé que celui d'un enfant de 6 ans en valeur absolue, mais ils ont tous deux un QI de 100 car ils se situent au milieu de la courbe de distribution. D'une certaine manière, en valeur absolue, un enfant normal devient de plus en plus intelligent en grandissant. Mais on peut dire aussi que son intelligence reste relativement stable : bien que les scores pris en valeur absolue ne cessent d'augmenter durant les années d'école, le QI d'un individu change rarement au-delà de l'âge de 5 ou 6 ans.

Voir aussi : Les analyses factorielles du WISC-III par hiérarchies de facteurs et par tranches d'âges : que mesure le WISC-III ? par Nathalie Garcin, étudiante en doctorat en psychologie, UQAM. ( 2004 ).

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Le test de Stanford Binet

Le premier véritable test de QI moderne a été mis au point par Alfred Binet ( 1857-1911 ) en 1905. Il était mandaté par le ministère français de l'Éducation pour élaborer un test permettant de repérer objectivement et précocement les enfants ayant peu de capacités scolaires, afin de pouvoir les envoyer dans des écoles spécialisées. (argh!). C'est la première Échelle Métrique de l'Intelligence, échelle de développement qui estime le degré de développement intellectuel de l'enfant. Les items ne faisaient pas appel aux connaissances mais bien au développement mental.

Le test Binet, ou test Binet Simon, avait déjà quasiment toutes les caractéristiques des tests actuels. Ses questions ont été posées à un très grand nombre d'enfants. À chaque question correspond un "âge intellectuel", qui est l'âge auquel la moitié des enfants au moins est capable de répondre à la question. Si une réponse ne permettait pas d'établir une corrélation avec l'âge, elle était automatiquement supprimée. Les questions pertinentes ont ensuite été classées de façon croissante, en fonction de la maturité intellectuelle à laquelle elles correspondaient, et ont été posées dans ce même ordre aux enfants. Enfin, selon les questions sur lesquelles l'enfant bloque, il est possible d'évaluer sa maturité intellectuelle.

Le Stanford Binet
En 1916, Lewis Terman, un psychologue de l'université américaine de Stanford établi un nouveau test d'intelligence inspiré des travaux de Binet et Stern, le Stanford-Binet. Terman introduisit alors la notion de "quotient intellectuel" qui donna naissance au test de QI tel qu'on le connait aujourd'hui. Il propose une échelle de calcul couvrant les différentes facettes de l'intelligence.

Le test Binet a été traduit en différentes langues et a été couramment utilisé dans les années 70 sous le nom de test de Stanford-Binet.

Définitions plus détaillées ( calculs et stats ) sur le site Expressions généralistes

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La NEMI

Nouvelle échelle métrique de l’intelligence de Zazzo (1966), elle-même issue du célèbre Binet-Simon de 1911. La NEMI 2 est appliquée depuis 2006.

4 épreuves obligatoires

3 épreuves facultatives 

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Le test de Cattell, ou Culture Fair Intelligence Test

Le psychologue américain Raymond B.Cattell (1905-1998) fut le premier à employer le mot de "test" pour désigner une série d'épreuves destinées à évaluer l'intelligence de ses étudiants.
Pour R.B. Cattell (1967), l'intelligence générale (facteur g) se composerait de deux aptitudes : « fluide » et « cristallisée ». La première entre en jeu dans les tâches de classification et les analogies (cherche et trouve des solutions neuves, tests exigeant des réponses à des situations entièrement nouvelles), ; la seconde est à l'œuvre dans le raisonnement, le jugement, etc (utilise l'expérience).
En cherchant à développer un test culturellement équitable, R.B. Catell créée le CFIT ou "Culture Fair Intelligence Test". Les items sont sans question posée, uniquement visuels. Ils sont construits assez facilement, avec divers degrés de difficulté. Comme les matrices de Raven, ces trois variantes du test (de 3 ans à adulte) possèdent 5 sortes d'items non-verbaux.

  • Analogies : similaires aux analogies verbales, mais sous forme non verbale.
  • Séries : semblables aux matrices. Il faut trouver la logique puis désigner la forme qui complète la série.
  • Classifications : extraire l'élément qui ne va pas avec les autres.
  • Matrices : les matrices de Raven.
  • Topologies : difficiles à expliquer. Exemple extrait du test : 5 cases sont dessinées, dans lesquelles figurent des carrés et des cercles divers. Désigner dans quelle case on peut dessiner un point situé dans un cercle et en dehors d'un carré...
  • Notons que l'écart-type du CFIT est de 24, et non de 15 comme le WAIS. Donc, les deux notes obtenues par un même individu, en dehors du fait que ce sont deux tests différents, varieront forcément, 115 au WAIS correspondant à 124 au Cattell.
    Tableau des équivalences entre les QI au WAIS et au Cattell

    De nos jours, on rencontre encore différents tests mis au point par Cattell comme le 16PF que les recruteurs affectionnent particulièrement pour mesurer l'anxiété, l'extraversion, la sensibilité et l'indépendance des candidats à l'embauche.

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    Le K.ABC

    Le K.ABC ( Kaufman & Kaufman, 1983 version américaine, 1993 version française ) s'adresse aux enfants âgés de 2 ans 1/2 à 12 ans 1/2. Ce test a pour but de mesurer l’intelligence et les connaissances, son originalité est qu'il mettrait plus l’accent sur le processus que sur le contenu.

    Il comporte deux échelles d’intelligence distinctes.

    La troisième échelle d’intelligence globale est "l’Échelle des Processus Mentaux Composites", combinaison des Échelles "Séquentielle" et "Simultanée".

    Le K.ABC s’appuie comme le mentionne A. Kaufman, le moins possible sur le langage, les informations et les compétences acquises. Ces échelles font appel à la notion d’intelligence fluide définie par Cattell et Horn ( 1966 ) c’est-à-dire comme un fonctionnement souple et adaptable face à des problèmes liés à des situations nouvelles.

    Un avantage du K.ABC est de tester des enfants présentant des handicaps auditifs, des troubles de la parole ou du langage ou non francophones, les tâches qui le composent pouvant être indiquées par gestes et les réponses se situer uniquement dans le registre moteur. Par contre, les enfants handicapés visuels sont pénalisés au K. ABC à cause de l’importance des stimuli visuels.

    Extraits de K.ABC. Pratique et fondements théoriques, de A.S. Kaufman
    Plus sur le K.ABC

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    Les Matrices de Raven

    John C. Raven s'intéressa aux travaux de Spearman et à cette notion que l'intelligence implique la capacité de gérer des termes abstraits : à développer un système de raisonnement logique à partir d'éléments abstraits. Ce test a été développé juste avant la 2ème guerre mondiale et a connu un nombre considérable de versions.

    Ces recherches aboutirent à la construction d'un ensemble de matrices 3x3 remplies de figures abstraites. La troisième case de la troisième ligne étant vide, la tâche du sujet est de sélectionner dans un ensemble la figure qui correspond à la suite de la troisième ligne en raisonnant à partir des deux premières. La succession des problèmes suit un ordre croissant de difficulté.

    Les Matrices de Raven sont donc des tests à choix multiples et peuvent être administrées sur un grand nombre d’individus en même temps. L'avantage de ces épreuves est qu'elles peuvent être utilisées avec des sujets sourds ou des sujets dont la langue maternelle est différente de celle de l'expérimentateur, pour ces raisons, on les dit souvent "aculturelles". Elles seraient les plus à même de mesurer l'intelligence fluide.

    Matrices de Raven
    Exemple d'un item proposé. Il faut choisir parmi 6 solutions. (Solution)

     

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    Un rond noir